Content

Christian Bochmann, Frankreich in:

Christian Bochmann

Entwicklung eines europäischen Jugendstrafrechts, page 223 - 248

1. Edition 2009, ISBN print: 978-3-8329-4057-7, ISBN online: 978-3-8452-1343-9 https://doi.org/10.5771/9783845213439

Series: Kieler Rechtswissenschaftliche Abhandlungen (NF), vol. 56

Bibliographic information
223 Anhang 1.2: Frankreich Ordonnance relative à l‘enfance délinquante Ordonnance n°45-174 du 2 février 1945 relative à l‘enfance délinquante. Version consolidée au 11 août 2007 Chapitre I : Dispositions générales Article 1 Modi? é par Ordonnance n°58-1300 du 23 décembre 1958 art. 1 (JORF 24 décembre 1958). Les mineurs auxquels est imputée une infraction quali? ée crime ou délit ne seront pas déférés aux juridictions pénales de droit commun, et ne seront justiciables que des tribunaux pour enfants ou des cours d‘assises des mineurs. Ceux auxquels est imputée une contravention de police de cinquième classe sont déférés aux juridictions pour enfants dans les conditions prévues à l‘article 20-1. Article 2 Modi? é par Loi n°2002-1138 du 9 septembre 2002 art. 12 (JORF 10 septembre 2002). Le tribunal pour enfants et la Cour d‘assises des mineurs prononceront, suivant les cas, les mesures de protection, d‘assistance, de surveillance et d‘éducation qui sembleront appropriées. Ils pourront cependant, lorsque les circonstances et la personnalité des mineurs l‘exigent, soit prononcer une sanction éducative à l‘encontre des mineurs de dix à dix-huit ans, conformément aux dispositions de l‘article 15-1, soit prononcer une peine à l‘encontre des mineurs de treize à dixhuit ans en tenant compte de l‘atténuation de leur responsabilité pénale, conformément aux dispositions des articles 20-2 à 20-9. Le tribunal pour enfants ne peut prononcer une peine d‘emprisonnement, avec ou sans sursis, qu‘après avoir spécialement motivé le choix de cette peine. Article 3 Modi? é par Loi n°51-687 du 24 mai 1951 art. 2 (JORF 2 juin 1951). Sont compétents le tribunal pour enfants ou la cour d‘assises des mineurs du lieu de l‘infraction, de la résidence du mineur ou de ses parents ou tuteur, du lieu où le mineur aura été trouvé ou du lieu où il a été placé soit à titre provisoire, soit à titre dé? nitif. Article 4 Modi? é par Loi n°2007-291 du 5 mars 2007 art. 29 (JORF 6 mars 2007 en vigueur le 1er juillet 2007). I – Le mineur de treize ans ne peut être placé en garde à vue. Toutefois, à titre exceptionnel, le mineur de dix à treize ans contre lequel il existe des indices graves ou concordants laissant présumer qu‘il a commis ou tenté de commettre un crime ou un délit puni d‘au moins cinq ans d‘emprisonnement peut, pour les nécessités de l‘enquête, être retenu à la disposition d‘un of- ? cier de police judiciaire avec l‘accord préalable et sous le contrôle d‘un magistrat du ministère public ou d‘un juge d‘instruction spécialisés dans la protection de l‘enfance ou d‘un juge des enfants, pour une durée que ce magistrat détermine et qui ne saurait excéder douze heures. Cette retenue peut toutefois être prolongée à titre exceptionnel par décision motivée de ce magistrat pour une durée qui ne saurait non plus excéder douze heures, après présentation devant lui du mineur, sauf si les circonstances rendent cette présentation impossible. Elle doit être strictement limitée au temps nécessaire à la déposition du mineur et à sa présentation devant le magistrat compétent ou à sa remise à l‘une des personnes visées au II du présent article. 224 Les dispositions des II, III et IV du présent article sont applicables. Lorsque le mineur ou ses représentants légaux n‘ont pas désigné d‘avocat, le procureur de la République, le juge chargé de l‘instruction ou l‘of? cier de police judiciaire doit, dès le début de la retenue, informer par tout moyen et sans délai le bâtonnier a? n qu‘à commette un avocat d‘of? ce. II – Lorsqu‘un mineur est placé en garde à vue, l‘of? cier de police judiciaire doit informer de cette mesure les parents, le tuteur, la personne ou le service auquel est con? é le mineur. Il ne peut être dérogé aux dispositions de l‘alinéa précédent que sur décision du procureur de la République ou du juge chargé de l‘information et pour la durée que le magistrat détermine et qui ne peut excéder vingt-quatre heures ou, lorsque la garde à vue ne peut faire l‘objet d‘une prolongation, douze heures. III – Dès le début de la garde à vue d‘un mineur de seize ans, le procureur de la République ou le juge chargé de l‘information doit désigner un médecin qui examine le mineur dans les conditions prévues par le quatrième alinéa de l‘article 63-3 du code de procédure pénale. IV – Dès le début de la garde à vue, le mineur peut demander à s‘entretenir avec un avocat. Il doit être immédiatement informé de ce droit. Lorsque le mineur n‘a pas sollicité l‘assistance d‘un avocat, cette demande peut également être faite par ses représentants légaux qui sont alors avisés de ce droit lorsqu‘ils sont informés de la garde à vue en application du II du présent article. (Dispositions déclarées non conformes à la Constitution par décision du Conseil constitutionnel n° 93-326 DC du 11 août 1993 : JO 15 août 1993). V – En cas de délit puni d‘une peine inférieure à cinq ans d‘emprisonnement, la garde à vue d‘un mineur âgé de treize à seize ans ne peut être prolongée. Aucune mesure de garde à vue ne peut être prolongée sans présentation préalable du mineur au procureur de la République ou au juge d‘instruction du lieu d‘exécution de la mesure. VI – Les interrogatoires des mineurs placés en garde à vue visés à l‘article 64 du code de procédure pénale font l‘objet d‘un enregistrement audiovisuel. L‘enregistrement ne peut être consulté, au cours de l‘instruction ou devant la juridiction de jugement, qu‘en cas de contestation du contenu du procès-verbal d‘interrogatoire, sur décision du juge d‘instruction, du juge des enfants ou de la juridiction de jugement, à la demande du ministère public ou d‘une des parties. Les huit derniers alinéas de l‘article 114 ne sont pas applicables. Lorsqu‘une partie demande la consultation de l‘enregistrement, cette demande est formée et le juge d‘instruction statue conformément aux deux premiers alinéas de l‘article 82-1 du code de procédure pénale. Le fait, pour toute personne, de diffuser un enregistrement original ou une copie réalisée en application du présent article est puni d‘un an d‘emprisonnement et de 15000 euros d‘amende. Lorsque l‘enregistrement ne peut être effectué en raison d‘une impossibilité technique, il en est fait mention dans le procès-verbal d‘interrogatoire qui précise la nature de cette impossibilité. Le procureur de la République ou le juge d‘instruction en est immédiatement avisé. A l‘expiration d‘un délai de cinq ans à compter de la date de l‘extinction de l‘action publique, l‘enregistrement original et sa copie sont détruits dans le délai d‘un mois. Un décret précise en tant que de besoin les modalités d‘application du présent VI. VII. – Les dispositions de l‘article 706-88 du code de procédure pénale, à l‘exception de celles de la deuxième phrase de son dernier alinéa, sont applicables au mineur de plus de seize ans lorsqu‘il existe une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner qu‘une ou plusieurs personnes majeures ont participé, comme auteurs ou complices, à la commission de l‘infraction. 225 Article 4-1 Créé par Loi n°93-2 du 4 janvier 1993 art. 109 art. 110, art. 226 (JORF 5 janvier 1993 en vigueur le 1er mars 1993). Le mineur poursuivi doit être assisté d‘un avocat. A défaut de choix d‘un avocat par le mineur ou ses représentants légaux, le procureur de la République, le juge des enfants ou le juge d‘instruction fait désigner par le bâtonnier un avocat d‘of? ce. Article 5 Modi? é par Loi n°2007-297 du 5 mars 2007 art. 55 1° (JORF 7 mars 2007). Aucune poursuite ne pourra être exercée en matière de crime contre les mineurs sans information préalable. En cas de délit, le procureur de la République en saisira, soit le juge d‘instruction, soit par voie de requête le juge des enfants et, à Paris, le président du tribunal pour enfants. Il pourra également saisir le tribunal pour enfants conformément à la procédure de présentation immédiate devant la juridiction pour mineurs prévue par l‘article 14-2 ; Le procureur de la République pourra également donner instruction à un of? cier ou un agent de police judiciaire de noti? er au mineur contre lequel il existe des charges suf? santes d‘avoir commis un délit une convocation à comparaître devant le juge des enfants qui en sera immédiatement avisé, aux ? ns d‘application de l‘article 8-1. Cette convocation, qui vaudra citation à personne, entraînera l‘application des délais prévus à l‘article 552 du code de procédure pénale. La convocation énoncera les faits reprochés, visera le texte de loi qui les réprime et indiquera le nom du juge saisi ainsi que la date et le lieu de l‘audience. Elle mentionnera, en outre, les dispositions de l‘article 4-1. La convocation sera également noti? ée dans les meilleurs délais aux parents, au tuteur, à la personne ou au service auquel le mineur est con? é. Elle sera constatée par procès-verbal signé par le mineur et la personne visée à l‘alinéa précédent, qui en recevront copie. En aucun cas, il ne pourra être suivi contre le mineur par les procédures prévues aux articles 393 à 396 du code de procédure pénale ou par voie de citation directe. La victime sera avisée par tout moyen de la date de comparution du mineur devant le juge des enfants. La convocation mentionnée aux alinéas précédents peut être également délivrée en vue de la mise en examen du mineur. Article 6 Modi? é par Ordonnance n°58-1300 du 23 décembre 1958 art. 1 (JORF 24 décembre 1958). L‘action civile pourra être portée devant le juge des enfants, devant le juge d‘instruction, devant le tribunal pour enfants et devant la cour d‘assises des mineurs. Lorsqu‘un ou plusieurs mineurs sont impliqués dans la même cause qu‘un ou plusieurs majeurs, l‘action civile contre tous les responsables peut être portée devant le tribunal correctionnel ou devant la cour d‘assises compétente à l‘égard des majeurs. En ce cas, les mineurs ne comparaissent pas à l‘audience, mais seulement leurs représentants légaux. A défaut de choix d‘un défenseur par le mineur ou par son représentant légal, il en sera désigné un d‘of? ce. Dans le cas prévu à l‘alinéa qui précède, s‘il n‘a pas encore été statué sur la culpabilité des mineurs, le tribunal correctionnel ou la cour d‘assises peut surseoir à statuer sur l‘action civile. 226 Chapitre II : Procédure Article 7 Modi? é par Loi n°2004-204 du 9 mars 2004 art. 111 V (JORF 10 mars 2004). Le procureur de la République près le tribunal du siège du tribunal pour enfants est chargé de la poursuite des crimes et délits commis par des mineurs. Toutefois le procureur de la République, compétent en vertu de l‘article 43 du code de procédure pénale, et le juge d‘instruction par lui requis ou agissant d‘of? ce, conformément aux dispositions de l‘article 72 du même code, procéderont à tous actes urgents de poursuite et d‘information, à charge par eux d‘en donner immédiatement avis au procureur de la République du siège du tribunal pour enfants et de se dessaisir de la poursuite dans le plus bref délai. Lorsque le mineur est impliqué dans la même cause qu‘un ou plusieurs majeurs, il sera procédé conformément aux dispositions de l‘alinéa qui précède aux actes urgents de poursuite et d‘information. Si le procureur de la République poursuit des majeurs selon les procédures prévues aux articles 393 à 396 du code de procédure pénale ou par voie de citation directe, il constituera un dossier spécial concernant le mineur et le transmettra au procureur de la République près le tribunal du siège du tribunal pour enfants. Si une information a été ouverte, le juge d‘instruction se dessaisira dans le plus bref délai à l‘égard tant du mineur que des majeurs au pro? t du juge d‘instruction du siège du tribunal pour enfants. Article 7-1 Abrogé par Loi n°93-1013 du 24 août 1993 art. 30 I (JORF 25 août 1993). ARticle 7-1 [ nouveau] Créé par Loi n°2007-297 du 5 mars 2007 art. 55 (JORF 7 mars 2007). Lorsque le procureur de la République fait application de l‘article 41-1 du code de procédure pénale à l‘égard d‘un mineur, les représentants légaux de celui-ci doivent être convoqués. Les mesures prévues aux 2° à 5° de l‘article 41-1 du code de procédure pénale requièrent l‘accord des représentants légaux du mineur. La mesure prévue au 2° peut également consister en l‘accomplissement d‘un stage de formation civique ou en une consultation auprès d‘un psychiatre ou d‘un psychologue. Le procureur de la République ? xe, le cas échéant, le montant des frais de stage pouvant être mis à la charge des représentants légaux du mineur. Article 7-2 Créé par Loi n°2007-297 du 5 mars 2007 art. 55 (JORF 7 mars 2007). La procédure de composition pénale prévue par les articles 41-2 et 41-3 du code de procédure pénale peut être appliquée aux mineurs âgés d‘au moins treize ans lorsqu‘elle apparaît adaptée à la personnalité de l‘intéressé, dans les conditions prévues par le présent article. La proposition du procureur de la République doit être également faite aux représentants légaux du mineur et obtenir l‘accord de ces derniers. L‘accord du mineur et de ses représentants légaux doit être recueilli en présence d‘un avocat désigné conformément au second alinéa de l‘article 4-1. Avant de valider la composition pénale, le juge des enfants peut, soit d‘of? ce, soit à leur demande, procéder à l‘audition du mineur ou de ses représentants légaux. Dans ce cas, l‘audition est de droit. La décision du juge des enfants est noti? ée à l‘auteur des faits et à ses représentants légaux et, le cas échéant, à la victime. Les mesures suivantes peuvent également être proposées au mineur, par le procureur de la République, au titre de la composition pénale : 1° Accomplissement d‘un stage de formation civique ; 2° Suivi de façon régulière d‘une scolarité ou d‘une formation professionnelle ; 227 3° Respect d‘une décision, antérieurement prononcée par le juge, de placement dans une institution ou un établissement public ou privé d‘éducation ou de formation professionnelle habilité; 4° Consultation d‘un psychiatre ou d‘un psychologue ; 5° Exécution d‘une mesure d‘activité de jour. La durée d‘exécution des mesures proposées aux mineurs ne peut excéder un an. Article 8 Modi? é par Loi n°2007-297 du 5 mars 2007 art. 56 (JORF 7 mars 2007). Le juge des enfants effectuera toutes diligences et investigations utiles pour parvenir à la manifestation de la vérité et à la connaissance de la personnalité du mineur ainsi que des moyens appropriés à sa rééducation. A cet effet, il procédera à une enquête, soit par voie of? cieuse, soit dans les formes prévues par le chapitre Ier du titre III du livre Ier du code de procédure pénale. Dans ce dernier cas, et si l‘urgence l‘exige, le juge des enfants pourra entendre le mineur sur sa situation familiale ou personnelle sans être tenu d‘observer les dispositions du deuxième alinéa de l‘article 114 du code de procédure pénale. Il pourra décerner tous mandats utiles ou prescrire le contrôle judiciaire en se conformant aux règles du droit commun, sous réserve des dispositions des articles 10-2 et 11. Il recueillera, par une enquête sociale, des renseignements sur la situation matérielle et morale de la famille, sur le caractère et les antécédents du mineur, sur sa fréquentation scolaire, son attitude à l‘école, sur les conditions dans lesquelles il a vécu ou a été élevé. Le juge des enfants ordonnera un examen médical et, s‘il y a lieu un examen médico-psychologique. Il décidera, le cas échéant, le placement du mineur dans un centre d‘accueil ou dans un centre d‘observation ou prescrira une mesure d‘activité de jour dans les conditions dé? nies à l‘article 16 ter. Toutefois, il pourra, dans l‘intérêt du mineur, n‘ordonner aucune de ces mesures ou ne prescrire que l‘une d‘entre elles. Dans ce cas, il rendra une ordonnance motivée. Ces diligences faites, le juge des enfants pourra soit d‘of? ce, soit à la requête du ministère public, communiquer le dossier à ce dernier. Il pourra, avant de se prononcer au fond, ordonner à l‘égard du mineur mis en examen une mesure de liberté surveillée à titre provisoire en vue de statuer après une ou plusieurs périodes d‘épreuve dont il ? xera la durée. Il pourra ensuite, par ordonnance, soit déclarer n‘y avoir lieu à suivre et procéder comme il est dit à l‘article 177 du code de procédure pénale, soit renvoyer le mineur devant le tribunal pour enfants ou, s‘il y a lieu, devant le juge d‘instruction. Il pourra également, par jugement rendu en chambre du conseil : - 1° Soit relaxer le mineur s‘il estime que l‘infraction n‘est pas établie ; - 2° Soit, après avoir déclaré le mineur coupable, le dispenser de toute autre mesure s‘il apparaît que son reclassement est acquis, que le dommage causé est réparé et que le trouble résultant de l‘infraction a cessé, et en prescrivant, le cas échéant, que cette décision ne sera pas mentionnée au casier judiciaire ; - 3° Soit l‘admonester ; - 4° Soit le remettre à ses parents, à son tuteur, à la personne qui en avait la garde ou à une personne digne de con? ance ; - 5° Soit prononcer, à titre principal, sa mise sous protection judiciaire pour une durée n‘excédant pas cinq années dans les conditions dé? nies à l‘article 16 bis ; - 6° Soit le placer dans l‘un des établissements visés aux articles 15 et 16, et selon la distinction établie par ces articles ; 228 - 7° Soit prescrire une mesure d‘activité de jour dans les conditions dé? nies à l‘article 16 ter. Les mesures prévues aux 3° et 4° ne peuvent être seules ordonnées si elles ont déjà été prononcées à l‘égard du mineur pour une infraction identique ou assimilée au regard des règles de la récidive commise moins d‘un an avant la commission de la nouvelle infraction. Dans tous les cas, il pourra, le cas échéant, prescrire que le mineur sera placé jusqu‘à un âge qui n‘excèdera pas celui de sa majorité sous le régime de la liberté surveillée. Lorsque la peine encourue est supérieure ou égale à sept ans et que le mineur est âgé de seize ans révolus, il ne pourra rendre de jugement en chambre du conseil. Article 8-1 Créé par Loi n°96-585 du 1 juillet 1996 art. 2 (JORF 2 juillet 1996). Lorsqu‘il sera saisi dans les conditions dé? nies aux troisième à sixième alinéas de l‘article 5, le juge des enfants constatera l‘identité du mineur et s‘assurera qu‘il est assisté d‘un avocat. I. – Si les faits ne nécessitent aucune investigation supplémentaire, le juge des enfants statuera sur la prévention par jugement en chambre du conseil et, s‘il y a lieu, sur l‘action civile. Lorsqu‘il estime que l‘infraction est établie, le juge des enfants pourra : - s‘il constate que des investigations suf? santes sur la personnalité du mineur et sur les moyens appropriés à sa rééducation ont déjà été effectuées, prononcer immédiatement l‘une des mesures prévues aux 2°, 3° et 4° de l‘article 8 ou, encore, ordonner une mesure ou une activité d‘aide ou de réparation dans les conditions prévues par l‘article 12-1 ; - s‘il constate que des investigations suf? santes sur la personnalité du mineur et sur les moyens appropriés à sa rééducation ont déjà été effectuées mais envisage de prononcer l‘une des mesures prévues aux 5° et 6° de l‘article 8, renvoyer l‘affaire à une prochaine audience de la chambre du conseil, qui devra avoir lieu au plus tard dans les six mois ; - s‘il constate que les investigations sur la personnalité du mineur et sur les moyens appropriés à sa rééducation ne sont pas suf? santes, renvoyer l‘affaire à une prochaine audience de la chambre du conseil, qui devra avoir lieu au plus tard dans les six mois. Il recueillera des renseignements sur la personnalité du mineur et sur la situation matérielle et morale de la famille dans les conditions prévues aux quatrième et cinquième alinéas de l‘article 8. Dans le cas où le juge des enfants fait application des dispositions de l‘un ou l‘autre des deux alinéas qui précèdent, il pourra ordonner à l‘égard du mineur, à titre provisoire, son placement dans un établissement public ou habilité à cet effet, une mesure de liberté surveillée préjudicielle ou une mesure ou activité d‘aide ou de réparation à l‘égard de la victime, avec son accord, ou dans l‘intérêt de la collectivité. II. – Si les faits nécessitent des investigations supplémentaires, le juge des enfants procédera comme il est dit aux articles 8 et 10. Article 8-2 Modi? é par Loi n°2002-1138 du 9 septembre 2002 art. 19 (JORF 10 septembre 2002). En matière correctionnelle, le procureur de la République pourra, à tout moment de la procédure, s‘il estime que des investigations suf? santes sur la personnalité du mineur ont été effectuées, le cas échéant à l‘occasion d‘une précédente procédure, et que des investigations sur les faits ne sont pas ou ne sont plus nécessaires, requérir du juge des enfants qu‘il ordonne la comparution de mineurs soit devant le tribunal pour enfants, soit devant la chambre du conseil, dans un délai compris entre un et trois mois. Les dispositions des deux derniers alinéas de l‘article 82 et des deux premiers alinéas de l‘article 185 du code de procédure pénale sont alors applicables, l‘appel ou le recours du parquet étant porté devant le président de la chambre spéciale des mineurs de la cour d‘appel ou son remplaçant, qui statuera dans les quinze jours de sa saisine. L‘appel ou le recours du procureur de la République sera porté à la connaissance du mineur, de 229 ses représentants légaux et de son avocat, qui pourront présenter par écrit toutes observations utiles. Article 8-3 Abrogé par Loi n°2002-1138 du 9 septembre 2002 art. 19 (JORF 10 septembre 2002). Article 9 Modi? é par Loi n°2004-204 du 9 mars 2004 art. 100 VIII (JORF 10 mars 2004 en vigueur le 1er octobre 2004). Le juge d‘instruction procédera à l‘égard du mineur, dans les formes du chapitre Ier du titre III du livre Ier du code de procédure pénale et ordonnera les mesures prévues aux alinéas 4, 5 et 6 de l‘article 8 de la présente ordonnance. Lorsque l‘instruction sera achevée, le juge d‘instruction, sur réquisition du procureur de la République, rendra l‘une des ordonnances de règlement suivantes : 1° Soit une ordonnance de non-lieu ; 2° Soit, s‘il estime que le fait constitue une contravention, une ordonnance de renvoi devant le tribunal de police, ou, s‘il s‘agit d‘une contravention de cinquième classe, devant le juge des enfants ou devant le tribunal pour enfants ; 3° Soit, s‘il estime que les faits constituent un délit, une ordonnance de renvoi devant le juge des enfants ou devant le tribunal pour enfants ; toutefois, lorsque la peine encourue est supérieure ou égale à sept ans et que le mineur est âgé de seize ans révolus, le renvoi devant le tribunal pour enfants est obligatoire ; 4° En cas de crime, soit une ordonnance de renvoi devant le tribunal pour enfants s‘il s‘agit d‘un mineur de seize ans, soit, dans le cas visé à l‘article 20, une ordonnance de mise en accusation devant la cour d‘assises des mineurs. Si le mineur a des coauteurs ou complices majeurs ces derniers seront, en cas de poursuites correctionnelles, renvoyés devant la juridiction compétente suivant le droit commun ; la cause concernant le mineur sera disjointe pour être jugée conformément aux dispositions de la présente ordonnance. En cas de poursuites pour infraction quali? ée crime, il sera procédé à l‘égard de toutes les personnes mises en examen conformément aux dispositions de l‘article 181 du code de procédure pénale ; le juge d‘instruction pourra, soit renvoyer tous les accusés âgés de seize ans au moins devant la Cour d‘assises des mineurs, soit disjoindre les poursuites concernant les majeurs et renvoyer ceux-ci devant la cour d‘assises de droit commun ; les mineurs âgés de moins de seize ans seront renvoyés devant le tribunal pour enfants. L‘ordonnance sera rédigée dans les formes du droit commun. Article 10 Modi? é par Loi n°96-585 du 1 juillet 1996 art. 3 (JORF 2 juillet 1996). Le juge d‘instruction ou le juge des enfants avise les parents du mineur, son tuteur, ou la personne ou le service auquel il est con? é des poursuites dont le mineur fait l‘objet. Cet avis est fait verbalement avec émargement au dossier ou par lettre recommandée. Il mentionne les faits reprochés au mineur et leur quali? cation juridique. Il précise également qu‘à défaut de choix d‘un défenseur par le mineur ou ses représentants légaux le juge d‘instruction ou le juge des enfants fera désigner par le bâtonnier un avocat d‘of? ce. Quelles que soient les procédures de comparution, le mineur et les parents, le tuteur, la personne qui en a la garde ou son représentant, sont simultanément convoqués pour être entendus par le juge. Ils sont tenus informés de l‘évolution de la procédure. Lors de la première comparution, lorsque le mineur ou ses représentants légaux n‘ont pas fait le 230 choix d‘un avocat ni demandé qu‘il en soit désigné un d‘of? ce, le juge des enfants ou le juge d‘instruction saisi fait désigner sur-le-champ par le bâtonnier un avocat d‘of? ce. Le juge des enfants et le juge d‘instruction pourront charger de l‘enquête sociale les services sociaux ou les personnes titulaires d‘un diplôme de service social, habilités à cet effet. Ils pourront con? er provisoirement le mineur mis en examen : 1° A ses parents, à son tuteur ou à la personne qui en avait la garde, ainsi qu‘à une personne digne de con? ance ; 2° A un centre d‘accueil ; 3° A une section d‘accueil d‘une institution publique ou privée habilitée à cet effet ; 4° Au service de l‘assistance à l‘enfance ou à un établissement hospitalier ; 5° A un établissement ou à une institution d‘éducation, de formation professionnelle ou de soins, de l‘État ou d‘une administration publique, habilité. S‘ils estiment que l‘état physique ou psychique du mineur justi? e une observation approfondie, ils pourront ordonner son placement provisoire dans un centre d‘observation institué ou agréé par le ministre de la justice. Le garde provisoire pourra, le cas échéant, être exercée sous le régime de la liberté surveillée. Le juge des enfants saisi de la procédure est compétent pour modi? er ou révoquer la mesure de garde jusqu‘à la comparution du mineur devant le tribunal pour enfant. Article 10-1 Créé par Loi n°2002-1138 du 9 septembre 2002 art. 29 (JORF 10 septembre 2002). Lorsqu‘ils sont convoqués devant le juge des enfants, le juge d‘instruction, le tribunal pour enfants ou la cour d‘assises des mineurs, les représentants légaux du mineur poursuivi qui ne déf- èrent pas à cette convocation peuvent, sur réquisitions du ministère public, être condamnés par le magistrat ou la juridiction saisie à une amende civile dont le montant ne peut excéder 3750 euros. Cette amende peut être rapportée par le magistrat ou la juridiction qui l‘a prononcée s‘ils déf- èrent ultérieurement à cette convocation. Les personnes condamnées à l‘amende en application du premier alinéa peuvent former opposition de la condamnation devant le tribunal correctionnel dans les dix jours à compter de sa noti? cation. Article 10-2 Modi? é par Loi n°2007-297 du 5 mars 2007 art. 57 1° (JORF 7 mars 2007). I. – Les mineurs âgés de treize à dix-huit ans peuvent être placés sous contrôle judiciaire dans les conditions prévues par le code de procédure pénale, sous réserve des dispositions du présent article. II. – Le contrôle judiciaire est décidé par ordonnance motivée, prise, selon les cas, par le juge des enfants, le juge d‘instruction ou le juge des libertés et de la détention. Ce magistrat doit noti? er oralement au mineur les obligations qui lui sont imposées, en présence de son avocat et de ses représentants légaux ou ceux-ci dûment convoqués ; ce magistrat informe également le mineur qu‘en cas de non-respect de ces obligations, il pourra être placé en détention provisoire ; ces formalités sont mentionnées par procès-verbal, qui est signé par le magistrat et le mineur. Lorsque cette décision accompagne une mise en liberté, l‘avocat du mineur est convoqué par tout moyen et sans délai et les dispositions du deuxième alinéa de l‘article 114 du code de procédure pénale ne sont pas applicables. Le contrôle judiciaire dont fait l‘objet un mineur peut également comprendre une ou plusieurs des obligations suivantes : 1° Se soumettre aux mesures de protection, d‘assistance, de surveillance et d‘éducation con? ées 231 à un service de la protection judiciaire de la jeunesse ou à un service habilité, mandaté à cette ? n par le magistrat ; 2° Respecter les conditions d‘un placement dans un centre éducatif de la protection judiciaire de la jeunesse ou relevant d‘un service habilité auquel le mineur a été con? é par le magistrat en application des dispositions de l‘article 10 et notamment dans un centre éducatif fermé prévu à l‘article 33 ou respecter les conditions d‘un placement dans un établissement permettant la mise en oeuvre de programmes à caractère éducatif et civique ; Toutefois, les obligations prévues au 2° ne peuvent être ordonnées que pour une durée de six mois et ne peuvent être renouvelées par ordonnance motivée qu‘une seule fois pour une durée au plus égale à six mois. 3° Accomplir un stage de formation civique ; 4° Suivre de façon régulière une scolarité ou une formation professionnelle jusqu‘à sa majorité. Le responsable du service ou centre désigné en application des 1° et 2° doit faire rapport au juge des enfants ou au juge d‘instruction en cas de non-respect par le mineur des obligations qui lui ont été imposées ; copie de ce rapport est adressée au procureur de la République par ce magistrat. III. – En matière correctionnelle, les mineurs âgés de moins de seize ans ne peuvent être placés sous contrôle judiciaire que dans l‘un des cas suivants : 1° Si la peine d‘emprisonnement encourue est supérieure ou égale à cinq ans et si le mineur a déjà fait l‘objet d‘une ou plusieurs mesures éducatives prononcées en application des articles 8, 10, 15, 16 et 16 bis ou d‘une condamnation à une sanction éducative ou à une peine ; 2° Si la peine d‘emprisonnement encourue est supérieure ou égale à sept ans. Si le contrôle judiciaire comporte l‘obligation de respecter les conditions d‘un placement conformément au 2° du II, dans un centre éducatif fermé prévu à l‘article 33, le non-respect de cette obligation pourra entraîner le placement du mineur en détention provisoire conformément à l‘article 11-2. Dans les autres cas, le mineur est informé qu‘en cas de non-respect des obligations lui ayant été imposées, le contrôle judiciaire pourra être modi? é pour prévoir son placement dans un centre éducatif fermé, placement dont le non-respect pourra entraîner sa mise en détention provisoire. Le juge des enfants, le juge d‘instruction ou le juge des libertés et de la détention statue sur le placement sous contrôle judiciaire en audience de cabinet, après un débat contradictoire au cours duquel ce magistrat entend le ministère public qui développe ses réquisitions prises conformément aux dispositions de l‘article 137-2 du code de procédure pénale, puis les observations du mineur ainsi que celles de son avocat. Le magistrat peut, le cas échéant, recueillir au cours de ce débat les déclarations du représentant du service qui suit le mineur. Article 11 Modi? é par Loi n°2002-1138 du 9 septembre 2002 art. 18 (JORF 10 septembre 2002). Les mineurs de treize à dix-huit ans mis en examen par le juge d‘instruction ou le juge des enfants ne peuvent être placés en détention provisoire par le juge des libertés et de la détention saisi soit par le juge d‘instruction, soit par le juge des enfants, conformément aux dispositions des articles 137 à 137-4, 144 et 145 du code de procédure pénale, que dans les cas prévus par le présent article, à la condition que cette mesure soit indispensable ou qu‘il soit impossible de prendre toute autre disposition et à la condition que les obligations du contrôle judiciaire prévues par l‘article 10-2 soient insuf? santes. 232 Les mineurs âgés de seize ans révolus ne peuvent être placés en détention provisoire que dans l‘un des cas suivants : 1° S‘ils encourent une peine criminelle ; 2° S‘ils encourent une peine correctionnelle d‘une durée égale ou supérieure à trois ans ; 3° S‘ils se sont volontairement soustraits aux obligations d‘un contrôle judiciaire prononcé conformément aux dispositions de l‘article 10-2. Les mineurs âgés de treize ans révolus et de moins de seize ans ne peuvent être placés en détention provisoire que dans l‘un des cas suivants : 1° S‘ils encourent une peine criminelle ; 2° S‘ils se sont volontairement soustraits aux obligations d‘un contrôle judiciaire prononcé conformément aux dispositions du III de l‘article 10-2. La détention provisoire est effectuée soit dans un quartier spécial de la maison d‘arrêt, soit dans un établissement pénitentiaire spécialisé pour mineurs ; les mineurs détenus sont, autant qu‘il est possible, soumis à l‘isolement de nuit. Les mineurs âgés de treize à seize ans ne peuvent être placés en détention que dans les seuls établissements garantissant un isolement complet d‘avec les détenus majeurs ainsi que la présence en détention d‘éducateurs dans des conditions dé? nies par décret en Conseil d‘État. Lorsque les mineurs ayant fait l‘objet d‘un placement en détention provisoire sont remis en liberté au cours de la procédure, ils font l‘objet, dès leur libération, des mesures éducatives ou de liberté surveillée justi? ées par leur situation et déterminées par le juge des enfants, le juge d‘instruction ou le juge des libertés et de la détention. Lorsque le magistrat estime qu‘aucune de ces mesures n‘est nécessaire, il statue par décision motivée. En matière correctionnelle, lorsque la peine encourue n‘est pas supérieure à sept ans d‘emprisonnement, la détention provisoire des mineurs âgés d‘au moins seize ans ne peut excéder un mois. Toutefois, à l‘expiration de ce délai, la détention peut être prolongée, à titre exceptionnel, par une ordonnance motivée conformément aux dispositions de l‘article 137-3 du code de procédure pénale et rendue après un débat contradictoire organisé conformément aux dispositions du sixième alinéa de l‘article 145 du même code, pour une durée n‘excédant pas un mois ; la prolongation ne peut être ordonnée qu‘une seule fois. Dans tous les autres cas, les dispositions du premier alinéa de l‘article 145-1 du code de procédure pénale sont applicables, en matière correctionnelle, aux mineurs âgés d‘au moins seize ans ; toutefois, la prolongation doit être ordonnée conformément aux dispositions du sixième alinéa de l‘article 145 du code de procédure pénale, et elle ne peut être prolongée au-delà d‘un an. En matière criminelle, la détention provisoire des mineurs âgés de plus de treize ans et moins de seize ans ne peut excéder six mois. Toutefois, à l‘expiration de ce délai, la détention peut être prolongée, à titre exceptionnel, pour une durée n‘excédant pas six mois, par une ordonnance rendue conformément aux dispositions du sixième alinéa de l‘article 145 du code de procédure pénale et comportant, par référence aux 1° et 2° de l‘article 144 du même code, l‘énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ; la prolongation ne peut être ordonnée qu‘une seule fois. Les dispositions de l‘article 145-2 du code de procédure pénale sont applicables aux mineurs âgés d‘au moins seize ans ; toutefois, la détention provisoire ne peut être prolongée au-delà de deux ans. Les dispositions des treizième et quatorzième alinéas du présent article sont applicables jusqu‘à l‘ordonnance du règlement. Lorsque le juge des libertés et de la détention est saisi par le juge d‘instruction ou le juge des enfants en application du quatrième alinéa de l‘article 137-1 du code de procédure pénale, il 233 peut prononcer une mesure de liberté surveillée à titre provisoire, prévue par le huitième alinéa de l‘article 8, ou une mesure de garde provisoire prévue par l‘article 10. Article 11-1 Créé par Loi n°2000-516 du 15 juin 2000 art. 63 (JORF 16 juin 2000 en vigueur le 1er janvier 2001). Lorsque la détention provisoire est ordonnée à la suite d‘une révocation du contrôle judiciaire à l‘encontre d‘un mineur antérieurement placé en détention provisoire pour les mêmes faits, la durée cumulée des détentions ne peut excéder de plus d‘un mois la durée maximale de la détention prévue à l‘article 11. Article 11-2 Modi? é par Loi n°2007-297 du 5 mars 2007 art. 57 4° (JORF 7 mars 2007). Lorsqu‘à l‘égard d‘un mineur de treize à seize ans, la détention provisoire est ordonnée à la suite de la révocation d‘un contrôle judiciaire prononcé conformément aux dispositions du quatri- ème alinéa du III de l‘article 10-2, la durée de la détention provisoire ne peut excéder quinze jours, renouvelable une fois. S‘il s‘agit d‘un délit puni de dix ans d‘emprisonnement, la durée de la détention provisoire ne peut excéder un mois, renouvelable une fois. Lorsque interviennent plusieurs révocations du contrôle judiciaire, la durée cumulée de la détention ne peut excéder une durée totale d‘un mois dans le cas visé au premier alinéa et de deux mois dans le cas visé au deuxième alinéa. Article 12 Modi? é par Loi n°2007-297 du 5 mars 2007 art. 57 5° (JORF 7 mars 2007). Le service de la protection judiciaire de la jeunesse compétent établit, à la demande du procureur de la République, du juge des enfants ou de la juridiction d‘instruction, un rapport écrit contenant tous renseignements utiles sur la situation du mineur ainsi qu‘une proposition éducative. Lorsqu‘il est fait application de l‘article 5, ce service est obligatoirement consulté avant toute réquisition ou décision de placement en détention provisoire du mineur ou de prolongation de la détention provisoire. Ce service doit également être consulté avant toute décision du juge des enfants au titre de l‘article 8-1 et toute réquisition ou proposition du procureur de la République au titre des articles 7-2, 8-2 et 14-2. Le rapport prévu au premier alinéa est joint à la procédure. Article 12-1 Créé par Loi n°93-2 du 4 janvier 1993 art. 118 225 (JORF 5 janvier 1993). Le procureur de la République, la juridiction chargée de l‘instruction de l‘affaire ou la juridiction de jugement ont la faculté de proposer au mineur une mesure ou une activité d‘aide ou de réparation à l‘égard de la victime ou dans l‘intérêt de la collectivité. Toute mesure ou activité d‘aide ou de réparation à l‘égard de la victime ne peut être ordonnée qu‘avec l‘accord de celle-ci. Lorsque cette mesure ou cette activité est proposée avant l‘engagement des poursuites, le procureur de la République recueille l‘accord préalable du mineur et des titulaires de l‘exercice de l‘autorité parentale. Le procès-verbal constatant cet accord est joint à la procédure. La juridiction chargée de l‘instruction procède selon les mêmes modalités. Lorsque la mesure ou l‘activité d‘aide ou de réparation est prononcée par jugement, la juridiction recueille les observations préalables du mineur et des titulaires de l‘exercice de l‘autorité parentale. 234 La mise en oeuvre de la mesure ou de l‘activité peut être con? ée au secteur public de la protection judiciaire de la jeunesse ou à une personne physique, à un établissement ou service dépendant d‘une personne morale habilités à cet effet dans les conditions ? xées par décret. A l‘issue du délai ? xé par la décision, le service ou la personne chargé de cette mise en oeuvre adresse un rapport au magistrat qui a ordonné la mesure ou l‘activité d‘aide ou de réparation. Chapitre III : Le tribunal pour enfants Article 13 Modi? é par Ordonnance n°58-1300 du 23 décembre 1958 art. 1 (JORF 24 décembre 1958). Le tribunal pour enfants statuera après avoir entendu l‘enfant, les témoins, les parents, le tuteur ou le gardien, le ministère public et le défenseur. Il pourra entendre, à titre de simple renseignement, les coauteurs ou complices majeurs. Le président du tribunal pour enfants pourra, si l‘intérêt du mineur l‘exige, dispenser ce dernier de comparaître à l‘audience. Dans ce cas, le mineur sera représenté par un avocat ou par son père, sa mère ou son tuteur. La décision sera réputée contradictoire. Le tribunal pour enfants restera saisi à l‘égard du mineur âgé de moins de seize ans lorsqu‘il décidera d‘appliquer une quali? cation criminelle aux faits dont il avait été saisi sous une quali- ? cation correctionnelle. Il ordonnera, en ce cas, un supplément d‘information et déléguera le juge d‘instruction à cette ? n, si l‘ordonnance de renvoi émane du juge des enfants. Article 13-1 Créé par Loi n°2007-297 du 5 mars 2007 art. 58 (JORF 7 mars 2007). L‘article 399 du code de procédure pénale est applicable aux audiences du tribunal pour enfants. Article 14 Modi? é par Loi n°2002-1138 du 9 septembre 2002 art. 30 (JORF 10 septembre 2002). Chaque affaire sera jugée séparément en l‘absence de tous autres prévenus. Seuls seront admis à assister aux débats la victime, qu‘elle soit ou non constituée partie civile, les témoins de l‘affaire, les proches parents, le tuteur ou le représentant légal du mineur, les membres du barreau, les représentants des sociétés de patronage et des services ou institutions s‘occupant des enfants, les délégués à la liberté surveillée. Le président pourra, à tout moment, ordonner que le mineur se retire pendant tout ou partie de la suite des débats. Il pourra de même ordonner aux témoins de se retirer après leur audition. La publication du compte rendu des débats des tribunaux pour enfants dans le livre, la presse, la radiophonie, le cinématographe ou de quelque manière que ce soit est interdite. La publication, par les mêmes procédés, de tout texte ou de toute illustration concernant l‘identité et la personnalité des mineurs délinquants est également interdite. Les infractions à ces dispositions seront punies d‘une amende de 6000 euros ; en cas de récidive, un emprisonnement de deux ans pourra être prononcé. Le jugement sera rendu en audience publique, en la présence du mineur. Il pourra être publié, mais sans que le nom du mineur puisse être indiqué, même par une initiale, à peine d‘une amende de 3750 euros. Article 14-1 Modi? é par Loi n°92-1336 du 16 décembre 1992 art. 332 (JORF 23 décembre 1992 en vigueur le 1er mars 1994). Quand les infractions aux dispositions des alinéas 4 et 5 de l‘article précédent seront commises par la voie de la presse, les directeurs des publications ou éditeurs seront, pour le fait seul de la publication, passibles comme auteurs principaux des peines prévues à ces alinéas. 235 A leur défaut, l‘auteur et, à défaut de l‘auteur, les imprimeurs, distributeurs et af? cheurs seront poursuivis comme auteurs principaux. Lorsque l‘auteur n‘est pas poursuivi comme auteur principal, il sera poursuivi comme complice. Pourront être poursuivies comme complices, et dans tous les cas, toutes personnes auxquelles les articles 121-6 et 121-7 du code pénal pourraient s‘appliquer. Article 14-2 Modi? é par Loi n°2007-297 du 5 mars 2007 art. 58 2° (JORF 7 mars 2007). I. – Les mineurs de seize à dix-huit ans qui ont été déférés devant le procureur de la République peuvent être poursuivis devant le tribunal pour enfants selon la procédure de présentation immédiate devant la juridiction pour mineurs dans les cas et selon les modalités prévues par le présent article. II. – La procédure de présentation immédiate devant la juridiction pour mineurs est applicable aux mineurs qui encourent une peine d‘emprisonnement supérieure ou égale à un an en cas de ? agrance, ou supérieure ou égale à trois ans dans les autres cas. Elle ne peut être engagée que si des investigations sur les faits ne sont pas nécessaires et que si des investigations sur la personnalité du mineur ont été accomplies, le cas échéant, à l‘occasion d‘une procédure antérieure de moins d‘un an. III. – Après avoir versé au dossier de la procédure les éléments de personnalité résultant des investigations mentionnées au II, le procureur de la République véri? e l‘identité du mineur qui lui est déféré et lui noti? e les faits qui lui sont reprochés en présence de l‘avocat de son choix ou d‘un avocat désigné par le bâtonnier à la demande du procureur de la République si le mineur ou ses représentants légaux n‘ont pas fait le choix d‘un avocat. Dès sa désignation, l‘avocat peut consulter le dossier et communiquer librement avec le mineur. Après avoir recueilli ses observations éventuelles et celles de son avocat, le procureur de la République informe le mineur qu‘il est traduit devant le tribunal pour enfants pour y être jugé, à une audience dont il lui noti? e la date et l‘heure et qui doit avoir lieu dans un délai qui ne peut être inférieur à dix jours ni supérieur à un mois. Toutefois, il est procédé au jugement du mineur à la première audience du tribunal pour enfants qui suit sa présentation, sans que le délai de dix jours soit applicable, lorsque le mineur et son avocat y consentent expressément, sauf si les représentants légaux du mineur, dûment convoqués, font connaître leur opposition. A peine de nullité de la procédure, les formalités mentionnées aux trois alinéas précédents font l‘objet d‘un procès-verbal dont copie est remise au mineur et qui saisit le tribunal pour enfants. IV. – Aussitôt après avoir procédé aux formalités prévues au III, le procureur de la République fait comparaître le mineur devant le juge des enfants a? n qu‘il soit statué sur ses réquisitions tendant soit au placement sous contrôle judiciaire, soit au placement en détention provisoire du mineur jusqu‘à l‘audience de jugement. Le juge des enfants statue par ordonnance motivée qui doit comporter l‘énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision, par référence, selon les cas, aux dispositions des articles 137 ou 144 du code de procédure pénale. Il statue en audience de cabinet, après un débat contradictoire au cours duquel il entend le procureur de la République, qui développe ses réquisitions, puis les observations du mineur et celles de son avocat. Le juge des enfants peut, le cas échéant, entendre au cours de ce débat les déclarations du représentant du service auquel le mineur a été con? é. Les représentants légaux du mineur sont avisés de la décision du juge des enfants par tout mo- 236 yen. L‘ordonnance peut faire l‘objet d‘un appel devant la chambre de l‘instruction ; les dispositions des articles 187-1 et 187-2 du code de procédure pénale sont alors applicables. Dans tous les cas, lorsque le juge des enfants ne fait pas droit aux réquisitions du procureur de la République, il peut ordonner les mesures prévues aux articles 8 et 10, le cas échéant, jusqu‘à la comparution du mineur. V. – Le tribunal pour enfants saisi en application du présent article statue conformément aux dispositions de l‘article 13, premier alinéa, et de l‘article 14. Il peut toutefois, d‘of? ce ou à la demande des parties, s‘il estime que l‘affaire n‘est pas en état d‘être jugée, renvoyer à une prochaine audience dans un délai qui ne peut être supérieur à un mois, en décidant, le cas échéant, de commettre le juge des enfants pour procéder à un supplément d‘information ou d‘ordonner une des mesures prévues aux articles 8 et 10. Si le mineur est en détention provisoire ou sous contrôle judiciaire, le tribunal statue alors par décision spécialement motivée sur le maintien de la mesure. Lorsque le mineur est en détention provisoire, le jugement au fond doit être rendu dans un délai d‘un mois suivant le jour de sa première comparution devant le tribunal. Faute de décision au fond à l‘expiration de ce délai, il est mis ? n à la détention provisoire. Le tribunal pour enfants peut également, s‘il estime que des investigations supplémentaires sont nécessaires compte tenu de la gravité ou de la complexité de l‘affaire, renvoyer le dossier au procureur de la République. Lorsque le mineur est en détention provisoire, le tribunal pour enfants statue au préalable sur le maintien du mineur en détention provisoire jusqu‘à sa comparution devant le juge des enfants ou le juge d‘instruction. Cette comparution doit avoir lieu le jour même, à défaut de quoi le prévenu est remis en liberté d‘of? ce. VI. – Les dispositions du présent article sont également applicables aux mineurs de treize à seize ans, à condition que la peine encourue soit d‘au moins cinq ans d‘emprisonnement, sans qu‘elle puisse excéder sept ans. Le procureur de la République ne peut alors requérir que le placement sous contrôle judiciaire du mineur jusqu‘à sa comparution devant le tribunal pour enfants, conformément aux dispositions du III de l‘article 10-2, à une audience qui doit se tenir dans un délai de dix jours à deux mois. Article 15 Modi? é par Loi n°2007-297 du 5 mars 2007 art. 59 1° (JORF 7 mars 2007). Si la prévention est établie a l‘égard du mineur de treize ans, le tribunal pour enfants prononcera, par décision motivée, l‘une des mesures suivantes : 1° Remise à ses parents, à son tuteur, à la personne qui en avait la garde ou à une personne digne de con? ance ; 2° Placement dans une institution ou un établissement public ou privé, d‘éducation ou de formation professionnelle, habilité ; 3° Placement dans un établissement médical ou médico-pédagogique habilité ; 4° Remise au service de l‘assistance à l‘enfance ; 5° Placement dans un internat approprié aux mineurs délinquants d‘âge scolaire ; 6° Mesure d‘activité de jour, dans les conditions dé? nies à l‘article 16 ter. Article 15-1 Modi? é par Loi n°2007-297 du 5 mars 2007 art. 59 2° (JORF 7 mars 2007). Si la prévention est établie à l‘égard d‘un mineur âgé d‘au moins dix ans, le tribunal pour enfants pourra prononcer par décision motivée une ou plusieurs des sanctions éducatives suivantes : 1° Con? scation d‘un objet détenu ou appartenant au mineur et ayant servi à la commission de l‘infraction ou qui en est le produit ; 237 2° Interdiction de paraître, pour une durée qui ne saurait excéder un an, dans le ou les lieux dans lesquels l‘infraction a été commise et qui sont désignés par la juridiction, à l‘exception des lieux dans lesquels le mineur réside habituellement ; 3° Interdiction, pour une durée qui ne saurait excéder un an, de rencontrer ou de recevoir la ou les victimes de l‘infraction désignées par la juridiction ou d‘entrer en relation avec elles ; 4° Interdiction, pour une durée qui ne saurait excéder un an, de rencontrer ou de recevoir le ou les coauteurs ou complices éventuels désignés par la juridiction ou d‘entrer en relation avec eux ; 5° Mesure d‘aide ou de réparation mentionnée à l‘article 12-1 ; 6° Obligation de suivre un stage de formation civique, d‘une durée qui ne peut excéder un mois, ayant pour objet de rappeler au mineur les obligations résultant de la loi et dont les modalités d‘application sont ? xées par décret en Conseil d‘État ; 7° Mesure de placement pour une durée de trois mois maximum, renouvelable une fois, sans excéder un mois pour les mineurs de dix à treize ans, dans une institution ou un établissement public ou privé d‘éducation habilité permettant la mise en oeuvre d‘un travail psychologique, éducatif et social portant sur les faits commis et situé en dehors du lieu de résidence habituel ; 8° Exécution de travaux scolaires ; 9° Avertissement solennel ; 10° Placement dans un établissement scolaire doté d‘un internat pour une durée correspondant à une année scolaire avec autorisation pour le mineur de rentrer dans sa famille lors des ? ns de semaine et des vacances scolaires. Le tribunal pour enfants désignera le service de la protection judiciaire de la jeunesse ou le service habilité chargé de veiller à la bonne exécution de la sanction. Ce service fera rapport au juge des enfants de l‘exécution de la sanction éducative. En cas de non-respect par le mineur des sanctions éducatives prévues au présent article, le tribunal pour enfants pourra prononcer à son égard une mesure de placement dans l‘un des établissements visés à l‘article 15. Article 16 Modi? é par Loi n°2007-297 du 5 mars 2007 art. 59 3° (JORF 7 mars 2007). Si la prévention est établie à l‘égard d‘un mineur âgé de plus de treize ans, le tribunal pour enfants prononcera par décision motivée l‘une des mesures suivantes : 1° Remise à ses parents, à son tuteur, à la personne qui en avait la garde ou à une personne digne de con? ance ; 2° Placement dans une institution ou un établissement, public ou privé, d‘éducation ou de formation professionnelle, habilité ; 3° Placement dans un établissement médical ou médico-pédagogique habilité ; 4° Placement dans une institution publique d‘éducation surveillée ou d‘éducation corrective ; 5° Avertissement solennel ; 6° Mesure d‘activité de jour, dans les conditions dé? nies à l‘article 16 ter. Article 16 bis Modi? é par Loi n°96-585 du 1 juillet 1996 art. 6 (JORF 2 juillet 1996). Si la prévention est établie à l‘égard d‘un mineur, le tribunal pour enfants et la cour d‘assises des mineurs pourront aussi prononcer, à titre principal et par décision motivée, la mise sous protection judiciaire pour une durée n‘excédant pas cinq années. Les diverses mesures de protection, d‘assistance, de surveillance et d‘éducation auxquelles le mineur sera soumis seront déterminées par un décret en Conseil d‘État. Le juge des enfants pourra, à tout moment jusqu‘à l‘expiration du délai de mise sous protection 238 judiciaire, prescrire une ou plusieurs mesures mentionnées à l‘alinéa précédent. Il pourra en outre, dans les mêmes conditions, soit supprimer une ou plusieurs mesures auxquelles le mineur aura été soumis, soit mettre ? n à la mise sous protection judiciaire. Lorsque, pour l‘accomplissement de la mise sous protection judiciaire, le placement d‘un mineur de plus de seize ans dans un des établissements désignés à l‘article précédent aura été décidé, ce placement ne se poursuivra après la majorité de l‘intéressé que si celui-ci en fait la demande. Article 16 ter Créé par Loi n°2007-297 du 5 mars 2007 art. 59 4° (JORF 7 mars 2007). La mesure d‘activité de jour consiste dans la participation du mineur à des activités d‘insertion professionnelle ou scolaire soit auprès d‘une personne morale de droit public, soit auprès d‘une personne morale de droit privé exerçant une mission de service public ou d‘une association habilitées à organiser de telles activités, soit au sein du service de la protection judiciaire de la jeunesse auquel il est con? é. Cette mesure peut être ordonnée par le juge des enfants ou par le tribunal pour enfants à l‘égard d‘un mineur en matière correctionnelle. Lorsqu‘il prononce une mesure d‘activité de jour, le juge des enfants ou le tribunal pour enfants en ? xe la durée, qui ne peut excéder douze mois, et ses modalités d‘exercice. Il désigne la personne morale de droit public ou de droit privé, l‘association ou le service auquel le mineur est con? é. Un décret en Conseil d‘État détermine les modalités d‘application de la mesure d‘activité de jour. Il détermine, notamment, les conditions dans lesquelles : 1° Le juge des enfants établit, après avis du ministère public et consultation de tout organisme public compétent en matière de prévention de la délinquance des mineurs, la liste des activités dont la découverte ou auxquelles l‘initiation sont susceptibles d‘être proposées dans son ressort ; 2° La mesure d‘activité de jour doit se concilier avec les obligations scolaires ; 3° Sont habilitées les personnes morales et les associations mentionnées au premier alinéa. Article 17 Modi? é par Loi n°74-631 du 5 juillet 1974 art. 14 (JORF 7 juillet 1974). Dans tous les cas prévus par les articles 15 et 16 ci-dessus, les mesures seront prononcées pour le nombre d‘années que la décision déterminera et qui ne pourra excéder l‘époque ou le mineur aura atteint sa majorité. La remise d‘un mineur à l‘assistance ne sera possible, si l‘enfant est âgé de plus de treize ans, qu‘en vue d‘un traitement médical ou encore dans le cas d‘un orphelin ou d‘un enfant dont les parents ont été déchus de la puissance paternelle. Article 18 Si la prévention est établie à l‘égard d‘un mineur âgé de plus de treize ans, celui-ci pourra faire l‘objet d‘une condamnation pénale conformément à l‘article 2. Article 19 Modi? é par Loi n°74-631 du 5 juillet 1974 art. 14 (JORF 7 juillet 1974). Lorsqu‘une des mesures prévues aux articles 15, 16 et 28 ou une condamnation pénale sera décidée, le mineur pourra, en outre, être placé jusqu‘à un âge qui ne pourra excéder celui de la majorité, sous le régime de la liberté surveillée. Le tribunal pour enfants pourra, avant de prononcer au fond, ordonner la mise en liberté surveil- 239 lée à titre provisoire en vue de statuer après une ou plusieurs périodes d‘épreuve dont il ? xera la durée. Article 20 Modi? é par Loi n°2007-1198 du 10 août 2007 art. 5 II (JORF 11 août 2007). Le mineur âgé de seize ans au moins, accusé de crime sera jugé par la cour d‘assises des mineurs composée d‘un président, de deux assesseurs, et complétée par le jury criminel. La cour d‘assises des mineurs se réunira au siège de la cour d‘assises et au cours de la session de celle-ci. Son président sera désigné et remplacé, s‘il y a lieu, dans les conditions prévues pour le président de la cour d‘assises par les articles 244 à 247 du code de procédure pénale. Les deux assesseurs seront pris, sauf impossibilité, parmi les juges des enfants du ressort de la cour d‘appel et désignés dans les formes des articles 248 à 252 du code de procédure pénale. Les fonctions du ministère public auprès de la cour d‘assises des mineurs seront remplies par le procureur général ou un magistrat du ministère public spécialement chargé des affaires de mineurs. Le gref? er de la cour d‘assises exercera les fonctions de gref? er à la cour d‘assises des mineurs. Dans le cas ou tous les accusés de la session auront été renvoyés devant la cour d‘assises des mineurs, il sera procédé par cette juridiction, conformément aux dispositions des articles 288 à 292 du code de procédure pénale. Dans le cas contraire, le jury de la cour d‘assises des mineurs sera formé de jurés pris sur la liste arrêtée par la cour d‘assises. Sous réserve des dispositions de l‘alinéa qui précède, le président de la cour d‘assises des mineurs et la cour d‘assises des mineurs exerceront respectivement les attributions dévolues par les dispositions du code de procédure pénale au président de la cour d‘assises et à la cour. Les dispositions des alinéas 1er, 2, 4 et 5 de l‘article 14 s‘appliqueront à la cour d‘assises des mineurs. Après l‘interrogatoire des accusés, le président de la cour d‘assises des mineurs pourra, à tout moment, ordonner que l‘accusé mineur se retire pendant tout ou partie de la suite des débats. Sous réserve des dispositions de la présente ordonnance, il sera procédé, en ce qui concerne les mineurs âgés de seize ans au moins, accusés de crime, conformément aux dispositions des articles 191 à 218 et 231 à 379-1 du code de procédure pénale. Si l‘accusé a moins de dix-huit ans, le président posera, à peine de nullité, les deux questions suivantes : 1° Y a-t-il lieu d‘appliquer à l‘accusé une condamnation pénale ? 2° Y a-t-il lieu d‘exclure l‘accusé du béné? ce de la diminution de peine prévue à l‘article 20-2 ? S‘il est reproché à l‘accusé une des infractions prévues aux 2° et 3° de l‘article 20-2 commise une nouvelle fois en état de récidive légale, la deuxième question est ainsi rédigée : „2° Y a-t-il lieu d‘appliquer à l‘accusé le béné? ce de la diminution de peine prévue à l‘article 20-2 ?“. S‘il est décidé que l‘accusé mineur déclaré coupable ne doit pas faire l‘objet d‘une condamnation pénale, les mesures relatives à son placement ou à sa garde ou les sanctions éducatives sur lesquelles la cour et le jury sont appelés à statuer seront celles des articles 15-1, 16 et du premier alinéa de l‘article 19. Article 20-1 Modi? é par Loi n°92-1336 du 16 décembre 1992 art. 253 et art. 373 (JORF 23 décembre 1992 en vigueur le 1er mars 1994). 240 Les contraventions de la 5e classe commises par des mineurs, sont instruites et jugées dans les conditions prévues aux articles 8 à 19 de la présente ordonnance. Article 20-2 Modi? é par Loi n°2007-1198 du 10 août 2007 art. 5 I (JORF 11 août 2007). Le tribunal pour enfants et la cour d‘assises des mineurs ne peuvent prononcer à l‘encontre des mineurs âgés de plus de treize ans une peine privative de liberté supérieure à la moitié de la peine encourue. Si la peine encourue est la réclusion criminelle à perpétuité, ils ne peuvent prononcer une peine supérieure à vingt ans de réclusion criminelle. La diminution de moitié de la peine encourue s‘applique également aux peines minimales prévues par les articles 132-18, 132- 18-1 et 132-19-1 du code pénal. Toutefois, si le mineur est âgé de plus de seize ans, le tribunal pour enfants ou la cour d‘assises des mineurs peut décider qu‘il n‘y a pas lieu de le faire béné? cier de l‘atténuation de la peine prévue au premier alinéa dans les cas suivants : 1° Lorsque les circonstances de l‘espèce et la personnalité du mineur le justi? ent ; 2° Lorsqu‘un crime d‘atteinte volontaire à la vie ou à l‘intégrité physique ou psychique de la personne a été commis en état de récidive légale ; 3° Lorsqu‘un délit de violences volontaires, un délit d‘agression sexuelle, un délit commis avec la circonstance aggravante de violences a été commis en état de récidive légale. Lorsqu‘elle est prise par le tribunal pour enfants, la décision de ne pas faire béné? cier le mineur de l‘atténuation de la peine doit être spécialement motivée, sauf pour les infractions mentionnées au 3° commises en état de récidive légale. L‘atténuation de la peine prévue au premier alinéa ne s‘applique pas aux mineurs de plus de seize ans lorsque les infractions mentionnées aux 2° et 3° ont été commises une nouvelle fois en état de récidive légale. Toutefois, la cour d‘assises des mineurs peut en décider autrement, de même que le tribunal pour enfants qui statue par une décision spécialement motivée. Pour l‘application des articles 132-8 à 132-11, 132-18-1 et 132-19-1 du code pénal et des deux alinéas précédents, les mesures ou sanctions éducatives prononcées contre un mineur ne peuvent constituer le premier terme de l‘état de récidive. Les dispositions de l‘article 132-23 du code pénal relatives à la période de sûreté ne sont pas applicables aux mineurs. L‘emprisonnement est subi par les mineurs soit dans un quartier spécial d‘un établissement pénitentiaire, soit dans un établissement pénitentiaire spécialisé pour mineurs dans les conditions dé? nies par décret en Conseil d‘État. Article 20-3 Modi? é par Loi n°2007-1198 du 10 août 2007 art. 5 V (JORF 11 août 2007). Sous réserve de l‘application des dispositions des deuxième à cinquième alinéas de l‘article 20- 2, le tribunal pour enfants et la cour d‘assises des mineurs ne peuvent prononcer à l‘encontre d‘un mineur âgé de plus de treize ans une peine d‘amende d‘un montant supérieur à la moitié de l‘amende encourue ou excédant 7.500 euros. Article 20-4 Modi? é par Loi n°98-468 du 17 juin 1998 art. 45 (JORF 18 juin 1998). La peine d‘interdiction du territoire français et les peines de jour-amende, d‘interdiction des droits civiques, civils et de famille, d‘interdiction d‘exercer une fonction publique ou une activité professionnelle ou sociale, d‘interdiction de séjour, de fermeture d‘établissement, d‘exclusion des marchés publics et d‘af? chage ou de diffusion de la condamnation ne peuvent être prononcées à l‘encontre d‘un mineur. 241 Article 20-4-1 Créé par Loi n°2004-204 du 9 mars 2004 art. 44 XVII (JORF 10 mars 2004). Les dispositions de l‘article 131-5-1 du code pénal relatives à la peine de stage de citoyenneté sont applicables aux mineurs de treize à dix-huit ans. Le contenu du stage est alors adapté à l‘âge du condamné. La juridiction ne peut ordonner que ce stage soit effectué aux frais du mineur. Article 20-5 Modi? é par Loi n°2004-204 du 9 mars 2004 art. 167 IV (JORF 10 mars 2004 en vigueur le 1er janvier 2005). Les dispositions des articles 131-8 et 131-22 à 131-24 du code pénal relatives au travail d‘intérêt général sont applicables aux mineurs de seize à dix-huit ans. De même, leur sont applicables les dispositions des articles 132-54 à 132-57 du code pénal relatives au sursis assorti de l‘obligation d‘accomplir un travail d‘intérêt général. Pour l‘application des articles 131-8 et 132-54 du code pénal, les travaux d‘intérêt général doivent être adaptés aux mineurs et présenter un caractère formateur ou de nature à favoriser l‘insertion sociale des jeunes condamnés. Article 20-6 Créé par Loi n°92-1336 du 16 décembre 1992 art. 254 et art. 373 (JORF 23 décembre 1992 en vigueur le 1er mars 1994). Aucune interdiction, déchéance ou incapacité ne peut résulter de plein droit d‘une condamnation pénale prononcée à l‘encontre d‘un mineur. Article 20-7 Modi? é par Loi n°2007-297 du 5 mars 2007 art. 61 (JORF 7 mars 2007). Les dispositions des articles 132-58 à 132-65 du code pénal relatifs à la dispense de peine et à l‘ajournement sont applicables aux mineurs de treize à dix-huit ans. Toutefois, l‘ajournement du prononcé de la mesure éducative ou de la peine pourra être également ordonné lorsque le tribunal pour enfants considérera que les perspectives d‘évolution de la personnalité du mineur le justi? ent. L‘affaire sera alors renvoyée à une audience qui devra avoir lieu au plus tard dans les six mois. Le tribunal pour enfants qui ajourne le prononcé de la mesure éducative ou de la peine peut ordonner à l‘égard du mineur, à titre provisoire, son placement dans un établissement public ou habilité à cet effet, une mesure de liberté surveillée préjudicielle ou une mesure ou une activité d‘aide ou de réparation dans les conditions prévues à l‘article 12-1. Lorsque l‘ajournement du prononcé de la mesure éducative ou de la peine est ordonné, le tribunal pour enfants peut ordonner au mineur d‘accomplir une mesure d‘activité de jour, dans les conditions dé? nies à l‘article 16 ter. Les dispositions des articles 132-66 à 132-70 du code pénal ne sont pas applicables aux mineurs. Article 20-8 Créé par Loi n°97-1159 du 19 décembre 1997 art. 13 (JORF 20 décembre 1997). Les dispositions des articles 723-7 à 723-13 du code de procédure pénale relatives au placement sous surveillance électronique sont applicables aux mineurs. Article 20-9 Modi? é par Loi n°2004-204 du 9 mars 2004 art. 165 (JORF 10 mars 2004 en vigueur le 1er janvier 2005). En cas de condamnation prononcée par une juridiction spécialisée pour mineurs, le juge des enfants exerce les fonctions dévolues au juge de l‘application des peines par le code pénal et le 242 code de procédure pénale, jusqu‘à ce que la personne condamnée ait atteint l‘âge de vingt et un ans. Le tribunal pour enfants exerce les attributions dévolues au tribunal de l‘application des peines et la chambre spéciale des mineurs les attributions dévolues à la chambre de l‘application des peines. Toutefois, lorsque le condamné a atteint l‘âge de dix-huit ans au jour du jugement, le juge des enfants n‘est compétent que si la juridiction spécialisée le décide par décision spéciale. En raison de la personnalité du mineur ou de la durée de la peine prononcée, le juge des enfants peut se dessaisir au pro? t du juge de l‘application des peines lorsque le condamné a atteint l‘âge de dix-huit ans. Pour la préparation de l‘exécution, la mise en oeuvre et le suivi des condamnations mentionnées au premier alinéa, le juge des enfants désigne s‘il y a lieu un service du secteur public de la protection judiciaire de la jeunesse. Ce service veille au respect des obligations imposées au condamné. Le juge des enfants peut également désigner à cette ? n le service pénitentiaire d‘insertion et de probation lorsque le condamné a atteint l‘âge de dix-huit ans. Un décret ? xe, en tant que de besoin, les conditions d‘application du présent article. Article 20-10 Créé par Loi n°2004-204 du 9 mars 2004 art. 166 (JORF 10 mars 2004 en vigueur le 1er janvier 2005). En cas de condamnation prononcée par une juridiction spécialisée pour mineurs à une peine d‘emprisonnement assortie d‘un sursis avec mise à l‘épreuve ou d‘un sursis assorti de l‘obligation d‘accomplir un travail d‘intérêt général, la juridiction de jugement peut, si la personnalité du mineur le justi? e, assortir cette peine de l‘une des mesures dé? nies aux articles 16 et 19, ces mesures pouvant être modi? ées pendant toute la durée de l‘exécution de la peine par le juge des enfants. Elle peut notamment décider de placer le mineur dans un centre éducatif fermé prévu par l‘article 33. La juridiction de jugement peut astreindre le condamné, dans les conditions prévues à l‘article 132-43 du code pénal, à l‘obligation de respecter les conditions d‘exécution des mesures visées au premier alinéa ; le non-respect de cette obligation peut entraîner la révocation du sursis avec mise à l‘épreuve et la mise à exécution de la peine d‘emprisonnement. Dans tous les cas prévus par l‘article 20-9 de la présente ordonnance, lorsqu‘il s‘agit d‘une peine ou d‘un aménagement de peine pour lequel le juge de l‘application des peines peut imposer au condamné une ou plusieurs des obligations prévues en matière de sursis avec mise à l‘épreuve, le juge des enfants peut également imposer au condamné de respecter une des mesures mentionnées aux articles 16 et 19, ces mesures pouvant être modi? ées pendant l‘exécution de la peine. Le responsable du service qui veille à la bonne exécution de la peine doit faire rapport au procureur de la République ainsi qu‘au juge des enfants en cas de non-respect par le mineur des obligations qui lui ont été imposées. Article 21 Modi? é par Loi n°2005-47 du 26 janvier 2005 art. 9 XXXV (JORF 27 janvier 2005 en vigueur le 1er avril 2005). Sous réserve de l‘application des articles 524 à 530-1 du code de procédure pénale, les contraventions de police des quatre premières classes, commises par les mineurs, sont déférées au tribunal de police siégeant dans les conditions de publicité prescrites à l‘article 14 pour le tribunal pour enfants. Si la contravention est établie, le tribunal pourra soit simplement admonester le mineur, soit prononcer la peine d‘amende prévue par la loi. Toutefois, les mineurs de treize ans ne pourront faire l‘objet que d‘une admonestation. 243 En outre, si le tribunal de police estime utile, dans l‘intérêt du mineur, l‘adoption d‘une mesure de surveillance, il pourra, après le prononcé du jugement, transmettre le dossier au juge des enfants qui aura la faculté de placer le mineur sous le régime de la liberté surveillée. L‘appel des décisions des tribunaux de police est porté devant la cour d‘appel dans les conditions prévues à l‘article 7 de l‘ordonnance n° 58-1274 du 22 décembre 1958 relative à l‘organisation des juridictions pour enfants. Pour les contraventions de police des quatre premières classes relevant du deuxième alinéa de l‘article 521 du code de procédure pénale, le juge de proximité exerce les attributions du tribunal de police dans les conditions prévues au présent article. NOTA : Loi n° 2005-47, article 11 : Ces dispositions entrent en vigueur le premier jour du troisième mois suivant sa publication. Toutefois, les affaires dont le tribunal de police ou la juridiction de proximité sont régulièrement saisis à cette date demeurent de la compétence de ces juridictions. Article 22 Modi? é par Ordonnance n°58-1300 du 23 décembre 1958 art. 1 (JORF 24 décembre 1958). Le juge des enfants et le tribunal pour enfants pourront, dans tous les cas, ordonner l‘exécution provisoire de leur décision, nonobstant opposition ou appel. Les décisions prévues à l‘article 15 ci-dessus et prononcées par défaut à l‘égard d‘un mineur de treize ans, lorsque l‘exécution provisoire en aura été ordonnée, seront ramenées à exécution a la diligence du procureur de la République, conformément aux dispositions de l‘article 707 du code de procédure pénale. Le mineur sera conduit et retenu dans un centre d‘accueil ou dans une section d‘accueil d‘une institution visée à l‘article 10 ou dans un dépôt de l‘assistance ou dans un centre d‘observation. Article 23 Modi? é par Loi n°2000-516 du 15 juin 2000 art. 83 (JORF 16 juin 2000 en vigueur le 1er janvier 2001). Le délégué à la protection de l‘enfance exercera à la chambre spéciale de la cour d‘appel les fonctions visées à l‘article 6 de l‘ordonnance susvisée n° 58-1274 du 22 décembre 1958. Il siégera comme membre de la chambre de l‘instruction lorsque celle-ci connaîtra d‘une affaire dans laquelle un mineur sera impliqué, soit seul, soit avec des coauteurs ou complices majeurs. Il disposera en cause d‘appel des pouvoirs attribués au juge des enfants par l‘article 29 (alinéa 1er). Article 24 Modi? é par Loi n°2000-516 du 15 juin 2000 art. 86 (JORF 16 juin 2000 en vigueur le 1er janvier 2001). Les règles sur le défaut et l‘opposition résultant des articles 487 et suivants du code de procédure pénale seront applicables aux jugements du juge des enfants et du tribunal pour enfants. Les dispositions des articles 185 à 187 du code de procédure pénale seront applicables aux ordonnances du juge des enfants et du juge d‘instruction spécialement chargé des affaires de mineurs. Toutefois, par dérogation à l‘article 186 dudit code, les ordonnances du juge des enfants et du juge d‘instruction concernant les mesures provisoires prévues à l‘article 10 seront susceptibles d‘appel. Cet appel sera formé dans les délais de l‘article 498 du code de procédure pénale et porté devant la chambre spéciale de la cour d‘appel. Les règles sur l‘appel résultant des dispositions du code de procédure pénale sont applicables aux jugements du juge des enfants et du tribunal pour enfants et aux arrêts de la cour d‘assises des mineurs rendus en premier ressort. 244 Le droit d‘opposition, d‘appel ou de recours en cassation pourra être exercé soit par le mineur, soit par son représentant légal. Le recours en cassation n‘a pas d‘effet suspensif, sauf si une condamnation pénale est intervenue. Les jugements du juge des enfants seront exempts des formalités de timbre et d‘enregistrement. Chapitre IV : La liberté surveillée Article 25 Modi? é par Ordonnance n°58-1300 du 23 décembre 1958 art. 1 (JORF 24 décembre 1958). La rééducation des mineurs en liberté surveillée est assurée, sous l‘autorité du juge des enfants, par des délégués permanents et par des délégués bénévoles à la liberté surveillée. Les délégués permanents, agents de l‘État nommés par le ministre de la justice, ont pour mission de diriger et de coordonner l‘action des délégués ; ils assument en outre la rééducation des mineurs que le juge leur a con? ée personnellement. Les délégués bénévoles sont choisis parmi les personnes de l‘un ou de l‘autre sexe, majeures ; ils sont nommés par le juge des enfants. Dans chaque affaire, le délégué est désigné soit immédiatement par le jugement, soit ultérieurement par ordonnance du juge des enfants, notamment dans le cas de délégation de compétence prévu à l‘article 31. Les frais de transports exposés par les délégués permanents et les délégués à la liberté surveillée pour la surveillance des mineurs, ainsi que les frais de déplacement engagés par les délégués permanents dans le cadre de leur mission de direction et coordination de l‘action des délégués sont remboursés dans les conditions prévues par la réglementation générale concernant le remboursement des frais engagés par les personnels civils de l‘État à l‘occasion de leurs déplacements. Un arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice, et du ministre de l‘économie et des ? nances déterminera les modalités selon lesquelles il sera dérogé à cette réglementation pour tenir compte des conditions particulières dans lesquelles des délégués permanents et les délégués à la liberté surveillée sont appelés à réaliser certains de leurs déplacements. Article 26 Modi? é par Ordonnance n°2000-916 du 19 septembre 2000 art. 3 (JORF 22 septembre 2000 en vigueur le 1er janvier 2002). Dans tous les cas ou le régime de la liberté surveillée sera décidé, le mineur, ses parents, son tuteur, la personne qui en a la garde, seront avertis du caractère et de l‘objet de cette mesure et des obligations qu‘elle comporte. Le délégué à la liberté surveillée fera rapport au juge des enfants, en cas de mauvaise conduite, de péril moral du mineur, d‘entraves systématiques à l‘exercice de la surveillance, ainsi que dans le cas ou une modi? cation de placement ou de garde lui paraîtra utile. En cas de décès, de maladie grave, de changement de résidence ou d‘absence non autorisée du mineur, les parents, tuteur, gardien ou patron devront sans retard en informer le délégué. Si un incident à la liberté surveillé révèle un défaut de surveillance caractérisé de la part des parents ou du tuteur ou gardien, ou des entraves systématiques à l‘exercice de la mission du délégué, le juge des enfants ou le tribunal pour enfants, quelle que soit la décision prise à l‘égard du mineur, pourra condamner les parents ou le tuteur ou gardien à une amende civile de 1,5 à 75 euros. 245 Article 27 Les mesures de protection, d‘assistance, de surveillance, d‘éducation ou de réforme ordonnées à l‘égard d‘un mineur peuvent être révisées à tout moment, sous réserve des dispositions ciaprès. Lorsqu‘une année au moins se sera écoulée depuis l‘exécution d‘une décision plaçant le mineur hors de sa famille, les parents ou le tuteur ou le mineur lui-même pourront former une demande de remise ou de restitution de garde en justi? ant de leur aptitude à élever l‘enfant et d‘un amendement suf? sant de ce dernier. En cas de rejet, la même demande ne pourra être renouvelé qu‘après l‘expiration du délai d‘un an. Article 28 Modi? é par Loi n°89-461 du 6 juillet 1989 art. 18 (JORF 8 juillet 1989). Le juge des enfants pourra, soit d‘of? ce, soit à la requête du ministère public, du mineur, de ses parents, de son tuteur ou de la personne qui en a la garde, soit sur le rapport du délégué à la liberté surveillé, statuer sur tous les incidents, instances en modi? cation de placement ou de garde, demandes de remise de garde. Il pourra ordonner toutes mesures de protection ou de surveillance utiles, rapporter ou modi? er les mesures prises. Le tribunal pour enfants est, le cas échéant, investi du même droit. Toutefois, le tribunal pour enfants sera seul compétent lorsqu‘il y aura lieu de prendre à l‘égard d‘un mineur qui avait été laissé à la garde de ses parents, de son tuteur ou laissé ou remis à une personne digne de con? ance, une des autres mesures prévues aux articles 15 et 16. Article 29 Abrogé par Loi n°89-461 du 6 juillet 1989 art. 18 (JORF 8 juillet 1989). Article 30 Abrogé par Loi n°89-461 du 6 juillet 1989 art. 18 (JORF 8 juillet 1989). Article 31 Modi? é par Loi n°51-687 du 24 mai 1951 art. 9 (JORF 2 juin 1951 recti? catif JORF 21 juin 1951). Sont compétents pour statuer sur tous incidents, instances modi? catives de placement ou de garde, demandes de remise de garde : 1° Le juge des enfants ou le tribunal pour enfants ayant primitivement statué. Dans le cas ou il s‘agit d‘une juridiction n‘ayant pas un caractère permanent ou lorsque la décision initiale émane d‘une cour d‘appel, la compétence appartiendra au juge des enfants ou au tribunal pour enfants du domicile des parents ou de la résidence actuelle du mineur ; 2° Sur délégation de compétence accordée par le juge des enfants ou par le tribunal pour enfants ayant primitivement statué, le juge des enfants ou le tribunal pour enfants du domicile des parents, de la personne, de l‘oeuvre, de l‘établissement ou de l‘institution à qui le mineur a été con? é par décision de justice ainsi que le juge des enfants ou le tribunal pour enfants du lieu ou le mineur se trouvera, en fait, placé ou arrêté. Si l‘affaire requiert célérité, toutes mesures provisoires pourront être ordonnées par le juge des enfants du lieu ou le mineur se trouvera, en fait, placé ou arrêté. Article 32 Les dispositions des articles 22, 23 et 24 sont applicables aux décisions rendues sur incident à la liberté surveillée, instances modi? catives de placement ou de garde, demandes de remise de garde. 246 Chapitre V : Dispositions diverses Article 33 Modi? é par Loi n°2007-297 du 5 mars 2007 art. 62 (JORF 7 mars 2007). Les centres éducatifs fermés sont des établissements publics ou des établissements privés habilités dans des conditions prévues par décret en Conseil d‘État, dans lesquels les mineurs sont placés en application d‘un contrôle judiciaire ou d‘un sursis avec mise à l‘épreuve ou d‘un placement à l‘extérieur ou à la suite d‘une libération conditionnelle. Au sein de ces centres, les mineurs font l‘objet des mesures de surveillance et de contrôle permettant d‘assurer un suivi éducatif et pédagogique renforcé et adapté à leur personnalité. La violation des obligations auxquelles le mineur est astreint en vertu des mesures qui ont entraîné son placement dans le centre peut entraîner, selon le cas, le placement en détention provisoire ou l‘emprisonnement du mineur. L‘habilitation prévue à l‘alinéa précédent ne peut être délivrée qu‘aux établissements offrant une éducation et une sécurité adaptées à la mission des centres ainsi que la continuité du service. A l‘issue du placement en centre éducatif fermé ou, en cas de révocation du contrôle judiciaire ou du sursis avec mise à l‘épreuve, à la ? n de la mise en détention, le juge des enfants prend toute mesure permettant d‘assurer la continuité de la prise en charge éducative du mineur en vue de sa réinsertion durable dans la société. Article 34 Modi? é par Loi n°2002-1138 du 9 septembre 2002 art. 23 (JORF 10 septembre 2002). Lorsque le mineur est placé dans l‘un des centres prévus à l‘article 33, les allocations familiales sont suspendues. Toutefois, le juge des enfants peut les maintenir lorsque la famille participe à la prise en charge morale ou matérielle de l‘enfant ou en vue de faciliter le retour de l‘enfant dans son foyer. Les allocations familiales suspendues concernent la seule part représentée par l‘enfant délinquant dans le calcul des attributions d‘allocations familiales. Article 35 Modi? é par Loi n°2002-1138 du 9 septembre 2002 art. 32 (JORF 10 septembre 2002). Les députés et les sénateurs sont autorisés à visiter à tout moment les établissements publics ou privés accueillant des mineurs délinquants de leur département. Article 36 Abrogé par Ordonnance n°58-1296 du 23 décembre 1958, art.9. Article 37 Dans le cas d‘infractions dont la poursuite est réservée d‘après les lois en vigueur aux administrations publiques, le procureur de la République aura seul qualité pour exercer la poursuite sur la plainte préalable de l‘administration intéressée. Article 38 Dans chaque tribunal, le gref? er tiendra un registre spécial, non public, dont le modèle sera ? xé par arrêté ministériel et sur lequel seront mentionnées toutes les décisions concernant les mineurs de dix-huit ans, y compris celles intervenues sur incident à la liberté surveillée, instances modi? catives de placement ou de garde et remises de garde. Article 39 Toute personne, toute oeuvre ou toute institution, même reconnue d‘utilité publique, s‘offrant à recueillir d‘une façon habituelle des mineurs en application de la présente ordonnance, devra 247 obtenir du préfet une habilitation spéciale dans des conditions qui seront ? xées par décret. Cette disposition est également applicable aux personnes, aux oeuvres et aux institutions exerçant actuellement leur activité au titre de la loi du 22 juillet 1912. Article 40 Modi? é par Loi n°51-687 du 24 mai 1951 art. 12 (JORF 2 juin 1951). Dans tous les cas ou le mineur est remis à titre provisoire ou à titre dé? nitif à une personne autre que son père, mère, tuteur ou à une personne autre que celle qui en avait la garde, la décision devra déterminer la part des frais d‘entretien et de placement qui est mise à la charge de la famille. Ces frais sont recouvrés comme frais de justice criminelle au pro? t du Trésor public. Les allocations familiales, majorations et allocations d‘assistance auxquelles le mineur ouvre droit seront, en tout état de cause, versées directement par l‘organisme débiteur à la personne ou à l‘institution qui a la charge du mineur pendant la durée du placement. Lorsque le mineur est remis à l‘assistance à l‘enfance, la part des frais d‘entretien et de placement qui n‘incombe pas à la famille est mise à la charge du Trésor. Article 41 Modi? é par Loi n°51-687 du 24 mai 1951 art. 11 (JORF 2 juin 1951). Des décrets détermineront les mesures d‘application de la présente ordonnance, et notamment les conditions de remboursement des frais d‘entretien, de rééducation et de surveillance des mineurs con? és à des personnes, institutions ou services, par application de la présente ordonnance. Article 42 Modi? é par Loi n°51-687 du 24 mai 1951 art. 11 (JORF 2 juin 1951). Sont abrogés la loi du 22 juillet 1912 et les textes qui l‘ont complétée et modi? ée ainsi que la loi du 5 août 1850 sur l‘éducation et le patronage des jeunes détenus. La présente ordonnance sera applicable aux départements d‘outre-mer. Article 43 Les procédures en cours pourront, le cas échéant, lorsqu‘elles n‘ont pas, à la date d‘entrée en vigueur de la présente ordonnance, donné lieu à une ordonnance de renvoi d‘un juge d‘instruction, faire l‘objet, sur réquisitions du ministère public, d‘une ordonnance de dessaisissement du juge d‘instruction, a? n qu‘il soit suivi par le procureur de la République, conformément aux dispositions de la présente ordonnance. (…) Article 50 La présente ordonnance entrera en vigueur à une date qui sera ? xée par décret. Elle sera publiée au Journal of? ciel de la République française et exécutée comme loi. 248 Anhang 1.3: Österreich Jugendgerichtsgesetz (JGG) Das Jugendgerichtsgesetz 1988, BGBl. Nr. 599, zuletzt geändert durch das Bundesgesetz BGBl I 44/2001. ERSTER ABSCHNITT, Begriffsbestimmungen § 1 Im Sinne dieses Bundesgesetzes ist 1. Unmündiger: wer das vierzehnte Lebensjahr noch nicht vollendet hat; 2. Jugendlicher: wer das vierzehnte, aber noch nicht das achtzehnte Lebensjahr vollendet hat; 3. Jugendstraftat: eine mit gerichtlicher Strafe bedrohte Handlung, die von einem Jugendlichen begangen wird; 4. Jugendstrafsache: ein Strafverfahren wegen einer Jugendstraftat. ZWEITER ABSCHNITT, Familien- und jugendwohlfahrtsrechtliche Verfügungen § 2 Allgemeines (1) Wird einem Unmündigen oder Jugendlichen eine mit Strafe bedrohte Handlung angelastet und ist aus diesem Anlaß eine Gefährdung seiner persönlichen Entwicklung zu besorgen, so ist zu prüfen, ob familienrechtliche oder jugendwohlfahrtsrechtliche Verfügungen erforderlich sind. (2) Ob Verfügungen nach Abs. 1 zu treffen sind, entscheidet das Vormundschafts- oder P? egschaftsgericht, während eines gegen einen Jugendlichen anhängigen Strafverfahrens jedoch das Strafgericht. § 3 Verfahren Entscheidet das Strafgericht über Verfügungen nach § 2 Abs. 1, so sind die verfahrensrechtlichen Bestimmungen dieses Bundesgesetzes und die Strafprozeßordnung 1975 mit folgenden Abweichungen und Ergänzungen anzuwenden: 1. Dringend gebotene Verfügungen können sogleich getroffen werden. Jedenfalls anläßlich der das Verfahren erledigenden Entscheidung hat das Gericht durch Beschluß auszusprechen, ob die getroffene Maßnahme aufrecht bleibt, geändert oder durch andere Maßnahmen ersetzt wird. 2. Verfügungen sind mit Beschluß zu treffen. Im Vorverfahren hat der Untersuchungsrichter, in der Hauptverhandlung das erkennende Gericht, sonst der Vorsitzende zu entscheiden. 3. Vor der Verfügung hat das Gericht den Jugendwohlfahrtsträger zu hören. Ferner sind der Jugendliche, die Erziehungsberechtigten, die P? egeeltern, ein allenfalls bestellter Bewährungshelfer und, wenn eine besondere Einrichtung für Jugendgerichtshilfe (§ 47) besteht, auch diese zu hören, es sei denn, daß durch den damit verbundenen Aufschub der Verfügung das Wohl des Jugendlichen gefährdet wäre. 4. Beschlüsse nach Z 2 sind auch dem Jugendwohlfahrtsträger sowie allen Personen zuzustellen, deren Rechte und P? ichten von der Entscheidung unmittelbar betroffen sind. 5. Gegen Beschlüsse nach Z 2 steht das Rechtsmittel der Beschwerde an den übergeordneten Gerichtshof zu, das binnen vierzehn Tagen nach Zustellung des Beschlusses einzubringen ist. Die Beschwerde steht der Staatsanwaltschaft, dem Jugendwohlfahrtsträger, dem Jugendlichen und allen anderen Personen zu, die zugunsten eines Minderjährigen Nichtigkeitsbeschwerde gegen ein Urteil erheben können oder denen die Entscheidung gemäß Z 4 zuzustellen ist.

Chapter Preview

References

Zusammenfassung

Die Jugendstrafrechtssysteme in Europa sind sehr verschieden. Anhand des Rechtsvergleichs und der Rechtsentwicklung in der EU und mittels der Völkerrechtsinstrumente zur Jugendgerichtsbarkeit formuliert der Autor Elementarteile eines Europäischen Jugendstrafrechts. Behandelt werden:

• Konzeption und Zielsetzung

• Alter und Prüfung der Strafbarkeit

• der Umgang mit jungerwachsenen Tätern

• Diversion und Entkriminalisierung

• der Sanktionskatalog nebst Freiheitsentzug

Neben einer Analyse von Trends in der Jugendkriminalität und kriminologischer Erklärungsansätze werden die Wünschbarkeit und Zweckmäßigkeit einer gemeineuropäischen Rahmenstrategie im Jugendstrafrecht erörtert sowie Harmonisierungswege für die europäische Integration aufgezeigt.

Die Arbeit bündelt verstreute Reformansätze auf nationaler und internationaler Ebene zu einem neuen Anlauf. Sie hilft, eine zeitgemäße und angemessene Reaktion auf die verschiedenen Formen der Jugenddelinquenz zu erarbeiten. Sie richtet sich an Wissenschaftler, Politiker und Praktiker im Jugendrecht.

Der Autor war Doktorand und Mitarbeiter an der Forschungsstelle für Jugendstrafrecht und Kriminalprävention der Christian-Albrechts-Universität Kiel.