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Christian Bouquet, Hagberg, Sten, Ludovic O. Kibora et Gabriella Körling (dir.): Démocratie par le bas et politique municipale au Sahel. Uppsala: Uppsala Universitet, 2019. 210 pp. ISBN 978-​91-​506-​2736-​7. (Uppsala Papers in Africa Studies, 4) Prix: € 16,00 in:

Anthropos, page 223 - 225

Anthropos, Volume 115 (2020), Issue 1, ISSN: 0257-9774, ISSN online: 0257-9774, https://doi.org/10.5771/0257-9774-2020-1-223

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of an individual living with terminal illness. Vivod’s ethnographic contribution, “Šojmanka,” describes in rich detail the phenomenon of individuals who can com‐ municate with supernatural beings in relation to inherit‐ ed holistic beliefs about human health and its connec‐ tion to nature and divine beings. The articles and essays in this Festschrift recognize Schröder’s academic and professional accomplishments, his impact on ethnomedicine, anthropology, medicine, and related fields and celebrate him as a bridge builder between disciplines as well as a kind and supportive colleague and friend. His ability to connect with col‐ leagues on a personal level cannot be separated from his scholarly and professional achievements. In my experi‐ ence, relationships and friendships actually facilitate valuable insights and lead to new innovative directions. This is something to recognize as important at a time when competition seems to be the standard in academia, colleagues are often perceived as dangerous rivals, and self-interested “climbers” tend to be the public face of academic and professional fields. The Festschrift re‐ minds us that relationships and friendships are impor‐ tant for furthering scientific knowledge and professional applications. Alexander Rödlach (alexanderroedlach@creighton.edu) Hagberg, Sten, Ludovic O. Kibora et Gabriella Körling (dir.): Démocratie par le bas et politique muni‐ cipale au Sahel. Uppsala: Uppsala Universitet, 2019. 210 pp. ISBN 978-91-506-2736-7. (Uppsala Papers in Africa Studies, 4) Prix: € 16,00 Issu d’un colloque organisé à Bamako en mars 2014, cet ouvrage collectif fait le point de presque vingt an‐ nées d’observations dans des communes du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Il mérite la lecture pour plu‐ sieurs raisons. D’abord parce qu’il traite du dernier ava‐ tar des transferts de modèles du Nord vers le Sud – la décentralisation – après qu’elle ait pris une teinte démo‐ cratique à partir des années 1990. Il était donc intéres‐ sant d’enquêter au plus près du terrain pour vérifier si les institutions, les ressources et les citoyens avaient bien été mobilisés autour de cet objectif. Ensuite, le regard porté sur cette “démocratie par le bas” et sur les politiques municipales dans ces trois pays du Sahel sort des grilles d’analyse habituellement utili‐ sées en la matière, puisqu’il vient essentiellement de chercheurs qui non seulement ne sont pas français mais n’appartiennent pas (forcément) aux écoles de pensée françaises. La plupart des articles sont écrits en bi‐ nômes, et tous nous sont livrés en français ce qui facilite l’accès à une approche étrangère dont nos universités ne sont guère familières. Enfin, les auteurs assument justement cette démarche émic/étique, inspirée des travaux du linguiste Kenneth Pike et plus fréquemment utilisée chez les Anglo- Saxons qu’en France pour les recherches en anthropolo‐ gie culturelle, même si Jean-Pierre Olivier de Sardan y fait parfois référence pour distinguer le point de vue du sujet de celui de l’observateur. Les douze études ici rassemblées sont donc “une sorte d’ethnographie municipale” portant sur des com‐ munes localisées avec précision sur une carte des trois pays (10 s.), et visant à approfondir le concept de “dé‐ mocratie par le bas” qui sert de fil rouge aux travaux des auteurs. Dans l’introduction générale, Sten Hagberg propose en trois grands points majeurs une excellente synthèse de l’ensemble des travaux (les anciens ou nou‐ veaux pouvoirs, le sens du politique, les services publics comme “substance démocratique”), et l’on regrette que l’ouvrage n’ait pas repris ce plan. Et il manque une conclusion générale qui aurait peut-être listé les ques‐ tions en suspens, car il y en a. Du chef traditionnel au maire: Dans le processus de décentralisation et de démocratisation qui a recouvert le continent africain, la question des nouveaux pouvoirs est centrale: comment s’est effectué le passage de la tra‐ dition à la modernité, sachant que les territoires étaient maillés par une organisation coutumière ancienne (pré‐ coloniale) à laquelle s’est substitué un nouveau modèle de gouvernance? Il semble apparaître – mais l’échan‐ tillonnage est insuffisant – que certains nouveaux maires n’étaient autres que les descendants des chefs traditionnels. Il s’agissait d’un élément de légitimité im‐ portant car ils étaient aussi “maîtres de la terre”. Illustrant le “retour du pouvoir à la maison”, l’en‐ quête monographique effectuée dans la localité ma‐ lienne de Youwarou (dans le delta intérieur du Niger), malgré des données chiffrées anciennes (2007–2009), souligne que l’invention du “local” fut antérieure à la décentralisation et montre que les autorités coutumières ont su se mouler dans le multipartisme qui a émergé dans les années 1990 pour conserver le pouvoir (“‘À Bamako, on sait au moins que Youwarou existe mainte‐ nant.’ Invention du ‘local’, élites politiques et décentra‐ lisation de l’État au Mali”, par Marie Deridder, 145– 162). L’un des théâtres dans lesquels se mêlent et se confrontent autorités traditionnelles et nouveaux pou‐ voirs est le marché à bétail (“Le marché à bétail. Une vitrine des oppositions locales au Niger”, par Mohamed Moussa, 103–115). Dans la commune de N’Gonga, au Niger (comme dans toute la zone sahélienne), cette acti‐ vité économique porte un fort enjeu financier et son contrôle est politiquement déterminant, de telle sorte qu’on se le dispute à l’occasion des élections munici‐ pales. Parallèlement à cette opposition, on bute inévitable‐ ment sur la question de la “société civile”, dont la défi‐ nition exacte reste à construire mais qui, par le jeu subtil du changement d’échelle, est ici placée sous l’éclairage d’une étude de cas (“La société civile dans l’espace communal de Mountougoula au Mali”, par N’gna Trao‐ ré, 179–193). La “société civile”, sous ses multiples as‐ pects, est l’un des éléments de la transition entre les pouvoirs des chefferies et ceux des élus municipaux. Ces derniers sont donc issus d’élections, du moins de‐ Book Reviews 223 Anthropos 115.2020 puis les années 1990 et l’avènement du multipartisme, car avant cette date ils étaient généralement nommés par les pouvoirs en place. Mais que valent ces consultations électorales ? Trois articles tentent d’y répondre. Quelle fiabilité accorder aux élections municipales? Le titre d’un des articles apporte un début de réponse (“Corruption, clientélisme et démocratie locale au Bur‐ kina Faso”, par Ludovic O. Kibora, 75–88). Bien que les enquêtes n’aient été menées qu’à Ouagadougou et Pô, elles confirment qu’“[i]l y aurait dans les sociétés africaines traditionnelles des codes culturels et systèmes de valeurs qui constitueraient un lit favorable au déve‐ loppement de la corruption à tous les niveaux” (citation de J.-P. Olivier de Sardan reprise p. 77). L’auteur ajoute: “La synthèse de nos entretiens fait ressortir que le clien‐ télisme est une pratique courante dans nos sociétés. Ainsi, en politique c’est le plus offrant qui gagne” (79). Prenant l’exemple de la commune de Dori (“Le tsu‐ nami électoral d’Arba Diallo. Ethnographie des élec‐ tions couplées de 2012 à Dori, Burkina Faso”, 25–41), Sidi Barry et Sten Hagberg ne reviennent pas sur ce su‐ jet mais décrivent de manière très détaillée les élections municipales de 2012 au cours desquelles le maire sor‐ tant, appartenant à l’opposition, a conservé brillamment son poste face au candidat du parti au pouvoir. Mais ce cas de figure semble exceptionnel en Afrique de l’ouest dans la mesure où, selon les auteurs, les candidats à la mairie de Dori proposaient de véritables programmes. En outre – autre exception – la participation a été mas‐ sive et nulle trace de fraude n’a été relevée. S’il est vrai que le vainqueur, Hama Arba Diallo, était natif de Diori, on manque de précision sur la connexion qui a pu s’éta‐ blir avec les autorités traditionnelles. Le poids des prescriptions émanant de la sphère reli‐ gieuse est fort opportunément évoqué dans l’article inti‐ tulé “Les connexions entre le politique et le religieux. Du “soft” politique à la formulation des consignes de vote” (par N’gna Traoré et Almamy Sylla, 195–209). L’islam politique au Mali et son rôle dans les élections législatives de 2013 posent la question très sensible de la laïcité, et les développements postérieurs à cette date ont montré que le brouillage pouvait encore s’accentuer. La question des enjeux locaux: Ici, il convient de dis‐ tinguer deux espaces dont la réactivité politique n’est pas la même: l’urbain et le rural. Dans les villes, les ba‐ tailles municipales peuvent se jouer, par exemple, au‐ tour de la gestion des déchets (“Gouvernance locale et gestion des déchets ménagers à Bobo-Dioulasso, Burki‐ na Faso”, par Siaka Gnessi et Ludovic O. Kibora, 91– 101), car il s’agit d’un service public dont l’efficacité est visible dans le quotidien des électeurs. Malheureuse‐ ment, même les communes les plus grosses ne disposent pas toujours des délégations de crédit promises par la décentralisation pour faire face à cette mission. Les enjeux locaux peuvent également être prégnants dans la périphérie d’une capitale comme Niamey (quar‐ tier Saga, “Les élections municipales de 2011 dans un arrondissement de Niamey [Niger]. Entre politique na‐ tionale et enjeux locaux”, par Gabriella Körling et Mo‐ hamed Moussa, 59–74). Toutefois, les enjeux nationaux restent très proches, car les candidats à ces élections municipales urbaines sont généralement des personnali‐ tés ayant des ambitions présidentielles. Au contraire, dans les communes rurales (“Commune et offre d’éducation scolaire au Mali. Les écoles com‐ munautaires dans la commune rurale de Sirakorola”, par Yaouaga Félix Koné, 117–129), il s’agit souvent de mettre en place de manière visible des structures qui concernent directement les administrés, notamment des écoles primaires car celles-ci entrent dans les compé‐ tences des collectivités décentralisées. Le Mali ayant “abandonné” l’offre publique d’éducation nationale au profit d’écoles communautaires gérées par les com‐ munes, on comprend que les élections sont le moment où les bilans doivent être tirés et les perspectives (pro‐ messes) annoncées. Il est intéressant de noter que la dé‐ gradation qualitative de la formation scolaire ne semble pas avoir été prise en compte dans les programmes élec‐ toraux. Avant même tous ces enjeux, le géographe attendait que soit traitée une dimension essentielle de la politique de décentralisation: le tracé cartographique des limites des entités communales. On savait depuis les travaux de Stéphanie Lima que cette tâche était quasiment impos‐ sible à conduire à son terme, du moins tant que les par‐ celles de culture elles-mêmes, dont le puzzle finit par dessiner un territoire, n’auraient pas été cadastrées. Un chapitre aurait pu répondre, même partiellement à cette question (“Chefferies traditionnelles, autorités commu‐ nales et gestion du foncier dans la commune de Mandé, Mali”, par Fatoumata Camara et Moussa Sissoko, 131– 142), mais il a choisi l’angle de la confrontation entre les pouvoirs anciens et modernes. Enfin, une dernière thématique a été heureusement abordée: le rôle des femmes (“‘Si tu leur donnes ma chair ils vont la manger’. Ethnographie comparée des carrières des femmes politiques au Burkina Faso et au Mali”, par Sten Hagberg et Bintou Koné, 163–177). Quatre figures politiques féminines sont analysées et laissent espérer une progression sensible de leur poids dans les arènes politiques de leurs pays respectifs. Au Mali, parviendront-elles à revenir sur le très controversé code de la famille et de la personne adopté en 2011 sous la pression des islamistes? Cet ouvrage, fort dense et dans lequel chaque article propose une bibliographie très complète (même si les références ne sont pas postérieures à 2014), apporte un souffle d’air frais à la recherche en sciences humaines et sociales sur l’Afrique francophone. Sur la forme, il manque peut-être, comme déjà indiqué, une conclusion aussi solide que l’introduction, ainsi que des résumés pour chaque article. Par ailleurs, certaines données de terrain datent un peu et n’entrent donc plus en réso‐ nance avec l’actualité géopolitique sous-régionale. Sur le fond, les observations et les analyses proposées au lecteur donnent une image contrastée du processus démocratique à l’échelle du “bas”, ainsi que le recon‐ naissait Sten Hagberg dès l’introduction: “[D]e nos 224 Book Reviews Anthropos 115.2020 jours, la décentralisation est, pour de nombreux acteurs, une désillusion, une réforme en panne, dans laquelle no‐ tamment les communes rurales sont dans une précarité prégnante” (10). Subsiste une question importante: fallait-il adopter sans précautions et/ou sans adaptation ce modèle – dé‐ mocratie et décentralisation – dans des pays où les re‐ pères historiques et les structures sociales appelaient peut-être d’autres formules? Christian Bouquet (bouquet@u-bordeaux-montaigne.fr) Henfrey, Thomas: Edges, Fringes, Frontiers. Integral Ecology, Indigenous Knowledge, and Sustainability in Guyana. New York: Berghahn Books, 2018. 256 pp. ISBN 978-1-78533-988-2. (Studies in Environmental Anthropology and Ethnobiology, 23) Price: $ 120.00 Throughout his career, Dr. Thomas Henfrey, a Senior Researcher at the Schumacher Institute and a Research Fellow in the Centre for Ecology, Evolution, and Envir‐ onmental Change at Lisbon University, has primarily focused on ethnoecology and the production and main‐ tenance of ecological resilience. In this book, he looks at the relationship between cultural and ecological resi‐ liency, and the locations where these overlap. Henfrey offers a complex and creative way to rethink the climate crisis, with a sharp critique of dominant, Westernshaped approaches, emerging from his ethnographic material, and guided by a complicated and nuanced the‐ oretical framework. Through an explanation of the three central concepts edges, fringes, and frontiers, Henfrey paints a picture of modern engagement with the environment from two radically disparate perspectives. The first is that of soci‐ eties participating in Scott’s High Modern Capitalism, where both humans and the environment are seen as re‐ sources that can, with the proper manipulation, produce profit. He uses the term Babylon to refer to these groups of people, and builds a compelling critique of this form of engagement with both humans and the environment by putting it in dialogue with the practices, beliefs, and lifeways of indigenous communities in general, and the Wapishana people from southern Guyana in particular. Edges are the spaces where ecological or cultural sys‐ tems overlap, and mutually enhancing interactions can take place. Fringes are the spaces where biodiversity and cultural diversity can grow and flourish in these overlapping spaces, and these tend to occur in indigen‐ ous contexts. While frontiers, on the other hand, reduce total diversity, marked by ecological or cultural simpli‐ fication and loss of overall knowledge, a process associ‐ ated with Babylon. Throughout the book, Henfrey strives to understand why indigenous communities tend to produce fringes, while Babylon produces frontiers, despite the fact that in the Babylonian context many re‐ sources and countless scientific endeavours have been dedicated to understanding the intricacies of environ‐ mental and resource management. The book is broken down into three main sections. First, Henfrey explores and critiques several theoretical positions, carefully building his own analytical frame‐ work. In the second section, he systematically applies this analytical framework to his ethnographic material, gathered with the help of his Wapishana informants, with a particular focus on subsistence-based agriculture and hunting practices. In the final section of the book, Henfrey draws all of the previous work together to highlight what this means for intercultural interactions, uses historical examples to demonstrate these conclu‐ sions, and provides some suggestions for future re‐ search. Henfrey carefully develops an extensive analytical framework to approach his ethnographic material. Des‐ pite finding some quite serious faults in several of the the‐ ories he explores, he manages to bring together some complex and previously unrelated approaches into some‐ thing he is able to apply to the situation of his Wapishana informants. Striving to employ a holistic approach for analysis, Henfrey begins by exploring Wilber’s Integral Theory and as such engages with Gebser’s theory of five structures of consciousness and Graves’ Spiral Dynam‐ ics. Following this, Henfrey traces the historical shifts and transformations in Anthropology more widely, and demonstrates how this pushed forward new ways of enga‐ ging with subjective and intersubjective human-environ‐ ment relationships, providing the backdrop for today’s starting points in Environmental Anthropology. This book’s engagement across disciplines does not preclude a rigorous interrogation of the theoretical material and as such the connections the author builds are solid, direct, and straightforward for the reader. While a book review does not allow the space to en‐ gage with these discussions in the appropriate depth, I will provide a brief description of Gebser’s five struc‐ tures of consciousness, as it is crucial in illustrating Henfrey’s wider conclusions about indigenous epistem‐ ologies. Gebser lays out a series of structures of con‐ sciousness that he argues occurs as individuals and soci‐ eties “develop” over time. Starting with archaic, moving to magic, he then identifies mythical, mental, and fi‐ nally integral. According to Gebser’s analysis, Babylon, and particularly their approach to science, falls rigidly into the mental structure of consciousness. In contrast, Henfrey argues that the Wapishana are able to engage with the integral structure of consciousness, where they can draw upon any of the structures depending on the context. He argues that this is an expression of systasis, and the key feature that distinguishes between Babylo‐ nian and indigenous engagements with the world. In section two, Henfrey explores the ethnographic as‐ pect of his work. The book is based on 18 months of ethnographic field research amongst the Wapishana, who live on ecological edges, residing in the savannah and farming in the bordering forests. He took a typically anthropological approach of participant observation during his time in Maruranau, as well as carefully map‐ ping out spaces. Conducting over 200 interviews, com‐ Book Reviews 225 Anthropos 115.2020

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References

Abstract

Anthropos is the international journal of anthropology and linguistics, founded in 1906 by Wilhelm Schmidt, missonary and member of the Society of the Divine Word (SVD). Its main purpose is the study of human societies in their cultural dimension. In honor of Wilhelm Schmidt‘s legacy, the cultivation of anthropology, ethnology, linguistics, and religious studies remain an essential component oft he Anthropos Institute – the organizational carrier of the journal.

Zusammenfassung

Anthropos - internationale Zeitschrift für Völkerkunde wird vom Anthropos Institut St. Augustin seit 1906 zweimal jährlich herausgegeben. Ursprünglich als Sprachrohr für katholische Missionarsarbeit geplant, gilt sie heute als wichtige Fachzeitschrift der allgemeinen Ethnologie. Sie behandelt sowohl kulturelle als auch sprachliche Themen in mehreren Sprachen, mit Schwerpunkt auf den Völkern des gesamtamerikanischen und afrikanischen Kontinents.